L'inhibition scolaire est
différente de la phobie scolaire. L'inhibition scolaire touche l'enfant qui est incapable de
travailler ou de se concentrer sur son travail alors qu'il le désire. Comme dans la phobie scolaire c'est un enfant en souffrance, mais sa souffrance est différente. En général l'inhibition
scolaire se retrouve dans une organisation névrotique conflictuelle. Les mécanismes mentaux
névrotiques (déplacement et sublimation) n'ont pas atteint leur plein développement. Ne pas confondre non plus avec le refus scolaire qui ne s'accompagne pas d'angoisse.
Il me semble que c'est A. Johnson qui nous dit que "la phobie scolaire s'observe chez des enfants qui, pour des raisons
irrationnelles (comme pour toute phobie), refusent d'aller à l'école et résistent avec des réactions d'anxiété très vives ou de panique quand on essaie de les y forcer."
La phobie scolaire touche surtout les garçons et se touche, pour 80% des cas, des enfants uniques, des aînés, ou des
benjamins. Elle apparaît entre 5 et 13 ans, surtout lorsque l'enfant entre à l'école élémentaire ou au collège. Il s'agit toujours d'un enfant très dépendant de sa famille. Il apparaît souvent
que la mère est anxieuse, voire phobique. Le père est toujours faible, peu sécurisant, voire absent. C'est l'effondrement de l'idéal du Moi et du narcissisme de
l'enfant.
Au moment du départ en classe, l'enfant phobique va présenter une réaction d'angoisse intense, une grande panique. Il
supplie en promettant qu'il ira "demain". Il se sauve, il s'enferme dans sa chambre. Rien ni personne ne peut le raisonner. Lorsqu'il est "enfin" en classe, il s'enfuit. Vers 5/7 ans, il se
plaint de maux de tête ou de ventre. Parfois il vomit. En dehors du moment phobique, l'enfant trouve des excuses comme des moqueries de ses camarades, la sévérité de son instituteur, un
changement d'école, la peur d'être en retard, etc...
A la maison, il fait ses devoirs et apprend ses leçons, il n'est plus dans le contexte phobique. Souvent il va même
s'investir complètement pour rattraper le retard causé par ses absences.
Ces sujets ont parfois (ou ont eu) d'autres phobies, ils ont parfois aussi des conduites du genre obsessionnel comme les rituels. Il n'est pas rare non plus d'observer un état dépressif chez l'enfant qui souffre de phobie scolaire, surtout lorsqu'il est préadolescent.
Pour 30 à 50% des cas, l'évolution est favorable avec réinsertion scolaire.
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