Le monstre symbolise le gardien d'un trésor, c'est-à-dire l'ensemble des difficultés à vaincre des obstacles, à surmonter des
épreuves, pour enfin accèder à ce trésor matériel, biologique ou spirituel. Le monstre est la pour provoquer à l'effort, à la domination de la peur, à l'héroïsme. Il intervient dans ce sens
dans de nombreux rites d'initiation. Il faut vaincre le dragon, le serpent, les plantes épineuses, toute espèce de monstre y compris soi-même, pour posséder les biens supérieurs que l'on
convoite. Le monstre n'est souvent que l'image d'un certain moi, ce moi qu'il faut vaincre pour développer un moi supérieur.
Le monstre monte la garde à la porte des palais royaux, des temples et des tombeaux.
En tant que gardien du trésor, le monstre est aussi signal du sacré. Il est rare de trouver un lieu sacré à l'entré duquel il n'y ait un monstre. L'arbre de vie est sous la surveillance des
griffons. Tous les trésors de diamants et de perles de la terre sont gardés par des monstres. Toutes les voies
de la richesse, de la gloire, de la connaissance, du salut, de l'immortalité, sont préservées. On ne peut s'en emparer que par un acte héroïque. Qu'il soit à l'intérieur ou à l'extérieur de
nous-mêmes, le monstre tué ouvre l'accès au trésor.
Le monstre relève aussi de la symbolique des rites de passage. Il dévore le vieil homme pour que naisse l'homme nouveau. Le monde
qu'il grde et dans lequel il introduit est le monde intérieur de l'esprit dans lequel on n'accède que par une transformation intérieure. On les voit souvent symboles de la nécessité d'une
régénération.
Il arrive que la dévoration par le monstre soit définitive. C'est alors l'entrée des damnés aux enfers.
Dans la tradition biblique le monstre symbolise les forces irrationnelles. Le monstre apparaît comme désordonné, privé de mesure, évoquant la période d'avant la création de l'ordre.
Chaque homme comporte son propre monstre avec lequel il doit constamment lutter.
Le monstre est aussi le symbole de la résurrection. Il avale l'homme afin de provoquer une nouvelle naissance.
Pour Diel les monstres symbolisent une fonction psychique, l'imagination exaltée et erronée, source des désordres et des malheurs.
C'est une déformation maladive, un fonctionnement malsain de la force vitale. Si les monstres représentent une menace extérieure, ils révèlent aussi un péril intérieur. Ils sont comme les
formes hideuses d'un désir perverti. Ils procèdent d'une certaine angoisse dont ils sont les images.
En général le monstre sort de la région souterraine, de cavités, d'antres sombres, mais aussi des images du subconscient.
D'après "le dictionnaire des symboles", Jean Chevalier et Alain Gheerbrant