Le sommeil de l'enfant n'est pas le même que le sommeil de l'adulte. A la naissance le sommeil paradoxal
occupe environ 50% du temps de sommeil et très progressivement on arrive à 20% à l'âge adulte. Le sommeil paradoxal correspond à l'activité du rêve.
Grâce aux recherches électroencéphalographiques et à l'observation comportementale des bébés au cours du
sommeil, on sait que les préformes du rêve apparaissent dès la première année. La nature de ces rêves est très variée : rêve réalisation de désir, rêve reviviscence d'évènements agréables ou
pas, rêve de punition, cauchemar, rêve d'angoisse, etc... Selon le degré de maturation de l'enfant.
Les études portent en majorité sur les enfants entre 6 et 12 ans et montrent que les rêves de fin de nuit
sont souvent plus agréables et plus riches. Les rêves d'angoisse sont particulièrement fréquents mais il est possible que les rêves autres soient refoulés et donc oubliés au réveil, ce qui
laisserait supposer cette fréquence apparente.
Chez l'enfant la capacité de régression et la nature de la relation avec la mère font évoluer le sommeil et
le rêve, qui, avec la maturation psycho-affective, pourront traduire la fusion à la mère (bonne ou mauvaise), l'anéantissement, la disparition ou la mort, la séparation, la perte ou l'abandon,
le renoncement à l'autonomie ou à la maîtrise ou la menace de l'émergence pulsionnelle et du
conflit oedipien. Pour s'endormir l'enfant doit pouvoir se reposer, s'étayer sur une bonne image
fusionnelle mère-enfant protectrice, accepter cette régression et l'investir d'une charge libidinale non menaçante.
L'endormissement correspond à un moment où s'affrontent des besoins et/ou des désirs
contradictoires.
Les troubles qui surviennent pendant le sommeil présentent toujours un lien particulier avec le sommeil
paradoxal en s'y substituant, en l'entravant ou en le modifiant. L'insomnie précoce reflète toujours un malaise relationnel entre le nourrisson et son environnement.
L'insomnie commune est souvent dûe aux conditions inopportunes ou maladroites comme la rigidité excessive des
horaires ou l'excès de ration alimentaire, ou encore de mauvaises conditions acoustiques. Mais elle peut aussi être signe de difficultés précoces d'adéquation entre le bébé et sa
mère.
Chez le bébé on note l'insomnie agitée où le bébé hurle sans arrêt, s'agite, ne s'apaise que par moments
courts (effondrement) puis reprend ensuite ses cris. Cette conduite peut aller jusqu'à l'auto-agression. On note aussi l'insomnie calme où le bébé reste tranquille dans son lit les yeux grands
ouverts le jour comme la nuit, silencieux. Ces insomnies sévères sont rares et semblent traduire un échec dans les capacités de régression précoce du nourrisson. Certains pensent que l'insomnie
précoce traduit l'échec de la mère dans son rôle de protectrice du sommeil de son enfant. Les mères dont l'enfant présente de graves troubles du sommeil sont fréquemment dépressives, présentent de profondes angoisses ou des névroses structurées.
La terreur nocturne de l'enfant
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