En 1952 a Rome, le "Libro nero" publiait une confession du peintre Pablo Picasso à l'écrivain Giovani Papini. C'est un
texte capital qui constitue la démystification par Picasso lui-même d'une grandes impostures du 20ème siècle:
Du moment que l'art n'est plus l'aliment qui nourrit les meilleurs, l'artiste peut exercer son talent en toutes les tentatives de
nouvelles formules, en tous les caprices de la fantaisie, en tous les expédients du charlatanisme intellectuel. Dans l'art, le peuple ne cherche plus consolation et exaltation, mais les
raffinés, les riches, les oisifs, les distillateurs de quintessence cherchent le nouveau, l'étrange, l'original, l'extravagant, le scandaleux. Et moi-même, depuis le cubisme et au-delà, j'ai
contenté ces maîtres et ces critiques, avec toutes les bizarreries changeantes qui me sont passées en tête, et moins ils le comprenaient et plus ils m'admiraient. À force de m'amuser à tous ces
jeux, à toutes ces fariboles, à tous ces casse-tête, rébus et arabesques, je suis devenu célèbre et très rapidement. Et la célébrité signifie pour un peintre : ventes, gains, fortune, richesse.
Et aujourd'hui, comme sous savez, je suis célèbre, je suis riche. Mais quand je suis seul à seul avec moi-même, je n'ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le sens grand et
antique du mot. Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrandt et Goya; je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et a épuisé le mieux qu'il a pu l'imbécilité,
la vanité, la cupidité de ses contemporains. C'est une amère confession que la mienne, plus douloureuse qu'elle ne peut sembler, mais elle a le mérite d'être sincère.
L'Écritoire, décembre 1990-janvier 1991, fiche n°1150
Moi je rajouterais qu'il a bien eu raison de profiter de la connerie des snobs!
Faut dire que c'est franchement laid..........
Mais ce fut quand même un grand peintre en-dehors de cette période. Pour preuve, par exemple, son arlequin :
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