Le père est le symbole de la génération, de la possession, de la domination et de la valeur. Il est donc une figure inhibante. Castratrice pour la psychanalyse. C'est une représentation de toute figure d'autorité : chef, patron, professeur, protecteur et dieu. Le rôle du père est conçu comme décourageant les efforts d'émancipation et exerçant une influence qui prive, limite, brime, stérilise et maintient dans la dépendance. L'image paternelle représente la conscience en face des pulsions instinctives, des élans spontanés, de l'inconscience.
Paul Ricoeur nous dit que dans la symbolique le père figure moins comme géniteur égal à la mère que comme donneur de lois. Il est source d'institution. Comme le seigneur et le ciel il est une image de la transcendance ordonnée, sage et juste. Suivant une inversion habituelle en symbolique le père des origines se mue en dieu qui vient. Il est à la fois archaïque et prospectif : la génération qu'il est censé apporter devient une régénération, la naissance, une nouvelle naissance, suivant toutes les acceptions analogiques du terme. Le père est non seulement l'être que l'on veut posséder ou avoir, mais aussi celui que l'on veut pouvoir devenir, être ou valoir. Ce progrès passe par la voie de la suppression du père autre vers accession au père moi-même. Une telle identification au père entrâine le double mouvement de mort (lui) et de renaissance (moi). Le père subsiste donc toujours comme une image permanente de transcendance qui ne peut être acceptée sans problème que par un amour réciproque d'âge adulte.
D'après "le dictionnaire des symboles", Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
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