Dans les faits, comme dans les contes et les rêves, le château est généralement situé sur des hauteurs ou dans la clairiére d'une
forêt. C'est une demeure solide et d'accès difficile. Il donne une impression de sécurité, comme la maison en général, mais une sécurité affectée d'un quotient élevé. Le château est un symbole
de protection. Mais sa situation même l'isole quelque peu au milieu des champs, des bois, des collines. Ce qu'enferme le château est séparé du reste du monde, prenant un aspect lointain aussi
inaccessible que désirable. Aussi figure-t-il parmi les symboles de la transcendance.
Les temples funéraires que font construire les pharaons au sommet
ou à côté de leurs tombes sont appelés "châteaux de millions d'années" et sont destinés, éternels comme les tombes royales, à associer la destinée
surhumaine des grands de ce monde à celle des dieux.
Ce que protège le château, c'est la transcendance du spirituel. Il est censé abriter un pouvoir mystérieux et insaisissable. Les
châteaux apparaissent dans les forêts et les montagnes magiques, déjà lourdes par elles-mêmes d'une force sacrée et disparaissent comme les enchantements quand s'approchent les chevaliers au terme du mirage. Ou bien c'est dans les châteaux que se sont endormies les belles
jeunes filles ou que languissent les princes charmants. Le château symbolise la conjonction des désirs.
Le château noir est le château définitivement perdu, le désir condamné à rester à jamais inassouvi : c'est l'image de l'enfer, du
destin fixé sans espoir de retour ni de changement. C'est le château sans pont, éternellement vide à l'exception de l'âme solitaire qui erre sans fin entre ses murs sombres.
Le château blanc est un symbole d'accomplissement, d'une destinée
parfaitement remplie, d'une perfection spirituelle.
Le château éteint, qui n'est pas le château noir, symbolise l'inconscient, la mémoire confuse, le désir indéterminé.
Le château éclairé symbolise la conscience, le désir allumé, le projet mis en oeuvre.
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