Jeudi 22 juillet 2010
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L'interprétation est un jugement inexact porté à partir d'une perception réelle. Ne pas confondre avec
l'illusion que l'on rencontre en neurologie est qui est la perception déformée d'un objet existant.
L'interprétation peut porter sur le monde extérieur ou intérieur. Elle peut porter sur une sensation éprouvée
concernant son propre corps. Sensation réelle à laquelle le patient donne une signification fausse. Par exemple s'il a des nausées il est persuadé qu'on l'a empoisonné et qu'il y a un complot
contre lui.
L'interprétation exogène est bien plus importante. Ces malades ont une très grande imagination qui donne un
sens à totu ce qui les entoure. Tout est interprété et a une signification qui se rapporte à lui-même. La rencontre d'un homme en imperméable va signifier que c'est un policier en civil, un
homme qui met la main devant sa bouche va vouloir dire "tais-toi", etc... Mais c'est surtout au niveau du langage qu'il y a des significations. Ca concerne les paroles entendues, les choses
vues et entendues à la télévision, ce qui est écrit dans les journaux, etc... L'interprétation va très loin. Par exemple un malade avait remarqué dans une lettre 2 lignes superposées parce que
dans celle du dessus il y avait "tu" et dans celle du dessous "toi". A la verticale on lisait "tu toi". Pour ce malade c'était "tue toi", l'invitant à se suicider.
Il s'agit ici de délire extrêmement systématisé et cohérent, qui s'ordonne avec ordre et clarté. Presque logique. Autrefois on l'appelait "folie raisonnante". C'est un délire
progressivement extensif. Souvent le malade commence par se poser des questions au sujet de choses qui lui semblent étranges, des petits faits qui ne lui paraissent pas clairs. Au fil des
jours, il va y avoir de plus en plus de petites choses bizarres. Le malade se met à chercher pour expliquer ces petits faits. Ca peut aller jusqu'à une théorie cosmopolite construite pour
expliquer le monde entier.
La construction délirante s'organise autour d'une idée directrice. Ce délire entraîne une conviction entière
et massive ainsi que des réactions en général importantes.
Dans le délire d'interprétation il n'y a ni affaiblissement intellectuel, ni désorganisation de la
personnalité.
Il peut arriver que les interprétations deviennent de plus en plus absurdes ou très
stéréotypées.
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Publié dans : Psychiatrie
Mardi 6 juillet 2010
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Les formes pseudo-névrotiques de la schizophrénie sont connues depuis relativement peu de temps. Elles ont été repérées lorsque l'on a commencé à faire des psychothérapies de névrose. On ne les voit pas
forcément à l'hôpital psychiatrique. Ce sont des schizophrénies dans lesquelles les symptômes primaires (dissociatifs) sont nets mais réduits. Les symptômes secondaires (de reconstruction) sont, eux, au premier plan, et la schizophrénie est dominée par des troubles d'allure
névrotique (obsession, phobie, symptôme hystérique). Ce symptôme névrotique est un mode de lutte
contre la dissociation.
Ces fausses névroses ont une symptomatologie de façade qui masque et défend une psychose et
si l'on touche trop à cette façade c'est l'effondrement psychotique.
L'évolution est faite d'alternances, de moments pseudo-névrotiques et de moments de désorganisation avec
dépersonnalisation et apparition d'hallucinations, etc...
Il n'est pas facile de repérer le caractère pseudo-névrotique d'un symptôme. Il faut voir le symptôme
névrotique lui-même. Si par exemple il s'agit d'une phobie, il faut savoir que ce n'est jamais une phobie typique. Ce sont des phobies très extensives, non localisées, avec difficultés à dévier
de son existence. Ca va être, par exemple, la peur d'une maladie, de la mort, peur que la planète s'arrête de tourner, peur de cesser de respirer, peur de l'atteinte à l'intégrité corporelle,
impression d'être atteint de disgrâce corporelle avec stations devant un miroir pendant des heures, etc... C'est un début de morcellement.
Ilène Meyer
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Publié dans : Psychiatrie
Lundi 14 juin 2010
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La forme catatonique de la schizophrénie
est une forme essentiellement comportementale. Il y a dans la catatonie le syndrôme discordant et cette catatonie est un syndrôme psychomoteur avec catalepsie. Entre 2 périodes de catalepsie peuvent exister des moments de très grande agitation, impulsivité avec inductions verbales ou gestuelles, activité très stéréotypée, toujours la répétion du
même geste indéfiniment.
Lors de cette catatonie on rencontre un négativisme avec refus de contact, de soin, d'alimentation.
Il s'agit de malade qui ont une très grande suggestibilité. Ils reproduisent les attitudes de leur entourage et leurs paroles. On
assiste à l'écholalie, l'échomimie et l'échopraxie.
L'évolution de cette catatonie est très variable. Elle peut persister indéfiniment tout comme il peut y avoir suspension temporaire ou
définitive. Dans ces derniers cas, bien souvent il apparaît un délire. Mais il y avait déjà un délire
non exprimé derrière les comportements moteurs bizarres.
Le malade se souvient parfois très bien de sa période catatonique et est capable de raconter ce qui se passait et même d'expliquer
pourquoi.
La forme catatonique devient de plus en plus rare grâce aux thérapeutiques et prises en charge modernes. La schizophrénie évolue
plutôt dans le sens d'une augmention de fréquence des formes délirantes.
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Publié dans : Psychiatrie
Samedi 5 juin 2010
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19:01
Les manifestations affectives du schizophrène adulte sont toujours très paradoxales et déconcertantes. Pour exemple ce malade qui portait un grand amour aux cul-de-jatte et une grande haine aux cravates
bleues. Toute sa vie affective était faite sur ces 2 mouvements : terreur des cravates bleues et amour pour les cul-de-jatte.
Les réactions affectives du schizophrène sont totalement imprévisibles. Ils peuvent être indifférents au décès d'un proche et être
extrêmement sensible au changement de votre coiffure. Leurs émotions sont une énigme pour autrui et semblent détachées du sujet et sortir d'un monde clos. Le malade est, la plupart du temps,
incapable d'expliquer le pourquoi de ses émotions.
La tonalité de base de l'affectivité du schizophrène a tendance à être du côté de l'indifférence, l'inémotivité, la froideur
affective. Il refuse le contact. Pour lui une proximité trop importante, y compris sur le plan physique, il a l'impression de se dissoudre. La constitution de ses propres limites est tellement
fragile que si quelqu'un s'approche trop il a l'impression de disparaître. La main qui se pose sur lui va le morceler, morceler son corps. L'inaffectivité du schizophrène est bien souvent un
mécanisme défensif. Il repousse l'autre.
Chez un malade négativiste ce symptôme existe aussi sur le plan affecfif, c'est un parti-pris de refus affectif, de refus agressif de
contact, une attitude hostile et glacée. Ca peut aussi être un renfermement dans un comportement dédaigneux, ironique et froid pour repousser toute sympathie.
Il y a chez le schizophrène de fréquentes lubies. Il peut s'agir de récupération d'objets comme les boîtes de fromage qui vont être
ensuite laissées de côté.
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Publié dans : Psychiatrie
Samedi 29 mai 2010
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19:30
La perplexité anxieuse survient chez les malades qui de temps en temps, lors de la confusion mentale, ont un taux de vigilance en baisse. Leur délire onirique est alors au maximum mais à d'autres moments la vigilance revient un peu et le sujet prend conscience de la situation. Ne sachant ce qui lui arrive il est
très anxieux et il essaie de reconstruire la réalité à partir des perceptions laissées, mais qui sont bien petites. Le malade se demande alors ce qui lui arrive et se pose des tas de questions
du genre "ai-je eu un accident?", "suis-je malade?" "où suis-je?" "qu'est-ce qui se passe?", etc... Ces personnes sont atteintes de façon somatique et ils essaient de reconstruire les choses.
C'est pendant ce moment de lucidité passagère qu'il faut les aider à percevoir la réalité de façon très exacte.
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Publié dans : Psychiatrie
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