Les bouffées délirantes c'est l'apparition soudaine d'un délire riche et polymorphe avec altération des perceptions, intuitions subites, distorsions du jugement et débordements imaginaires. Tout cela entraîne un débordement profond
et transitoire du fonctionnement psychique et des relations du sujet avec le monde extérieur.
Le malade divague au gré de ses fantaisies imaginaires et se désintéresse de la réalité présente. Il est parfois immobile, pris dans l'étrangeté de ce qu'il voit ou entend. Il passe par des
phases agitées anxieuses ou euphoriques. Ses troubles du comportement sont très nombreux et variés.
Les hallucinations psycho-sensorielles sont riches et multiples avec un haut degré de sensorialité. Les thèmes
du délire sont multiples et non systématisés.
Ces fantasmes inconscients
projetés ainsi par les idées délirantes véhiculent souvent une angoisse de castration, une crainte ou un désir
de rapports incestueux, des comportements régressifs, et...)
La dépersonnalisation est profonde. L'adhésion au délire est totale, ce qui fait que le sujet passe de
l'exaltation euphorique à la sidération dépressive et anxieuse d'un moment à l'autre, selon le désordre
idéique.
Il est très fréquent que le malade soit insomniaque. On observe souvent une déshydratation dans les bouffées délirantes avec agitation.
La bouffée délirante ne prévient pratiquement pas, elle est brutale. Dans les jours précédents on peut noter des comportements insolites, des perturbations du sommeil et une inquiétude
imprécise, rien de plus. Elle peut être en relation directe avec un traumatisme, une première expérience sexuelle ou même un succès inattendu. La cause peut aussi être une rupture avec les
repères affectifs ou spatio-temporels.
Les sujets touchés sont souvent des adolescents, des jeunes immatures, ayant eu des difficultés d'identification et d'adaptation. Il n'est pas rare de retrouver des antécédents psychiatriques
familiaux très divers.
La bouffée délirante s'arrête avec l'extinction des productions oniroïdes. Il arrive que la guérison soit brusque. Une fois sur 2 elle ne se reproduira plus jamais. C'est l'accident unique dans
la vie du sujet. Il arrive qu'elle soit le premier épisode psychopathologique d'une psychose
maniaco-dépressive. Les accès suivants seront alors, généralement, très délirants. Et il arrive aussi qu'elle inaugure une évolution schizophrénique dissociative, ou chez un sujet plus
âgé, une organisation délirante chronique.











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