La porte de la demeure nuptiale a été parée pour les noces : des tentures blanches, couvertes de guirlandes de fleurs,
la tapissent tout entière. La mariée est parée d'un voile rouge-orange, flammeum couleur de safran, c'est l'ornement habituel de la femme du flamine à laquelle le divorce est interdit. La tunique blanche
représente la virginité, la coiffure élevée en forme de tour ressemble à celle des vestales, le javelot qui la traverse rappelle l'enlèvement des Sabines et indique la soumission de la
femme à son mari. La mariée porte également la couronne de verveine, symbole de la fécondité, et une
ceinture de laine pour témoigner de sa pudeur.
La mariée placée sur un siège
recouvert d'une peau de brebis immolée, son mari à côté d'elle sur un siège semblable, ils se voilent la tête.
Le grand pontife offre le lait et le vin miellé aux dieux et fait manger aux époux le gâteau sacré (far). Il leur unit
ensuite les mains, confiant la femme à la bonne foi de son mari qui sera pour elle un ami, un tuteur et un père.
Le soir les nouveaux époux sont conduits au domicile conjugal, dans la demeure du mari. Avant que la jeune femme ne
quitte la maison de son enfance, le père prend les aupices. On feint de l'en arracher, en commémoration de l'enlèvement des Sabines. Elle est escortée par les enfants qui ont encore leurs
parents. 2 la tiennent par la main et le troisième marche devant elle en chassant les maléfices avec une torche d'épine blanche. 2 autres enfants la suivent, portant une quenouille, un fuseau
et dans une corbeille d'osier tous les instruments du travail féminin. 4 femmes mariées, une torche en bois d'épine à la main, font partie du cortège. A la lueur de ces flambeaux, la jeune
mariée gagne sa nouvelle demeure, pendant que tout autour les jeunes gens égayent la cérémonie avec des plaisanteries et des allusions obscènes.
Avant de pénétrer dans la maison, le mari, sur le seuil, lui demande qui elle est. Elle répondra : "où tu seras Caïus,
là je serai Caïa" (ubitu Caius, ego Caia). On lui présente de l'eau et une torche enflammée. Elle touche la torche et jette sur elle-même quelques gouttes d'eau, symbole de pureté. Ses
compagnes la soulèvent ensuite et c'est dans leurs bras que la mariée franchit la porte. Elle ne doit surtout pas toucher du pied le seuil consacré à Vesta, déesse de la virginité. Le mari
pendant ce temps jette aux enfants quelques noix, disant ainsi adieu à leurs jeux.
Vient ensuite le pompeux souper auquel est conviée la
famille entière. Puis ce sont quelques femmes âgées qui conduisent la mariée au lit nuptial. Lit couvert de pourpre et d'étoffes brochées d'or, élevé sur une estrade d'ivoire. Le lendemain des
noces est encore jour de fête avec un repas (repotia) qui réunit de nouveau toute la famille.
Source : la vie à Rome aux temps antiques, Paul Werner
La vie conjugale à
Rome
Scène intime, musée de St Germain en Laye
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