Lundi 23 août 2010
1
23
/08
/Août
/2010
18:32
Je reprends un peu d'étymologie médicale pour vous rappeler que le suffixe "ose" signifie "état de".
Il s'agit, dans le cas d'hallucinose, d'hallucinations extérieures, entendues dans les oreilles, mais n'ayant aucun sens pour le sujet. Dans un premier temps, ça l'amuse ou ça lui fait peur, il
trouve cela bizarre. L'extériorité manque d'aspects idéiques et affectifs.
L'exemple de Clairembault :
Un monsieur dans la rue entend une voix qui lui dit "c'est Victor Hugo qui a construit la Tour Eiffel".
Cela lui paraît tout à fait absurde et prend cela, pendant longtemps, pour une farce de gosse. Puis petit à petit il se pose des questions et cherche une intention.
Maintenant on parle d'hallucinose pour désigner une hallucination qui est reconnue comme telle par le
sujet.
A partir de cet automatisme le délire se développe. Ce délire c'est essayer de rendre compte de tout cela, de rationaliser. Chez le malade apparaît alors différents syndromes d'obsession ou d'influence.
Il y a des sujets qui vont débuter leur psychose ainsi, mais qui pendant longtemps, voire toute leur
vie, restent à ce stade sans qu'il n'y ait jamais de construction délirante. Parce que pour Clairembault il faut un caractère particulier, une prédisposition caractérielle, qui rende inquiet,
méfiant et anxieux, pour qu'il y ait un délire. Autrement les malades restent au petit automatisme et à des phénomènes uniquement au niveau de la pensée.
Pour Clairembault le délire n'est pas uniquement une simple réaction d'un sujet à ses troubles. Une bonne
part de la systématisation du délire est spontanée et s'organise dans l'inconscient. Sachant que pour lui, inconscient désigne l'extériorité radicale par rapport à la conscience de processus
associatifs déclenchés et entretenus par une irritation organique. A l'origine de ces psychoses il y a un processus organique, une irritation de cellules qui se mettent à fonctionner de façon
automatique et petit à petit, à l'intérieur du cerveau du malade, s'organise une autre personnalité. Clairembault nous parle de processus serpigineux, c'est-à-dire qui se propage en de
multiples filaments comme une serpillère usagée.
Hans Zatzka
2
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Jeudi 12 août 2010
4
12
/08
/Août
/2010
13:57
On les appelle aussi pseudo-hallucinations. Les hallucinations psychiques sont des phénomènes n'ayant aucun caractère sensoriel. Ce sont des voix perçues directement
dans leur tête et non par les oreilles. Le sujet parle de voix intime, de voix intérieure ou de pensées qui leur semblent étrangères à eux, comme une pensée hallucinatoire. Ce peut être des
choses formulées avec des mots ou des pensées qui ne se formulent pas.
Les hallucinations psychiques les plus fréquentes sont d'ordre verbale mais elles peuvent aussi être
visuelles. Dans ce cas le malade perçoit des images intérieures, comme des souvenirs qui ne lui appartiennent pas, des images étrangères à sa pensée.
On ajoute à ces hallucinations psychiques certains phénomènes voisins regroupés autour de la notion d'écho de
la pensée. Il s'agit de l'impression que peuvent avoir ces malades que leur pensée est répétée. Leur pensée se produit et un écho de celle-ci se révèle, mais avec l'impression que ça ne leur
appartient pas. Cet écho peut être différé, simultané ou anticipé. Ce phénomène d'écho peut exister dans la lecture ou l'écriture. Lors de la lecture une voix répète ce qu'on lit.
Il existe aussi les commentaires des actes : le malade dit qu'il y a des voix qui lui disent ce qu'il fait.
Par exemple "il se lève, il s'habille", au fur et à mesure des actes. Ce peut être une simple énonciation mais aussi un vrai commentaire à base de propos tout à fait ordinaires. Nous ne sommes
plus dans l'hallucination verbale injurieuse ou autre. Le commentaire reste dans la banalité quotidienne.
On inclut aussi dans les hallucinations psychiques le vol ou le devinement de la pensée. Il peut s'agir de la
pensée du sujet mais aussi de la pensée d'autrui. Certains malades ont l'impression qu'on devine leur pensée, se plaignent qu'on leur vole leurs pensées. Parfois le malade se sent transparent,
perméable aux pensées d'autrui. Il en parle comme quelque chose de pénible. Il se sent envahi, assailli, paralysé par des pensées multiples venant d'autres personnes et l'empêchant de penser à
lui.
Il y a aussi les impressions de pensée imposée, sou forme d'ordres ou de contre-ordres.
Lynn Lupetti
3
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 4 août 2010
3
04
/08
/Août
/2010
21:10
Le fait d'avoir ce caractère n'implique pas qu'on aura des idées délirantes mais par contre on trouve
toujours ce caractère dans les délires d'interprétation et
passionnels. Il est alors préexistant bien avant l'apparition du délire.
Le caractère paranoïaque est fondé sur 4 caractères : l'orgueil, la méfiance, la fausseté du
jugement et l'inadaptation sociale.
L'orgueil est une surestimation de soi qui apparaît chez les gens profondément égocentriques, implacables,
méprisants, qui n'ont jamais tort et qui s'obstinent à faire valoir leur point de vue de façon exigeante et tenace. La méfiance et la susceptibilité parce que tout prend chez ces sujets une
signification personnelle et intentionnelle. Tout ce qui leur arrive de mauvais est forcément dû à la malveillance. Il y a toujours la crainte des autres, une rancoeur à leur égard et un
sentiment d'être incompris. Agressivité et intolérance se retrouvent toujours chez le caractère paranoïaque.
La fausseté du jugement, l'absence d'auto-critique, c'est la pensée qui fonctionne sur un mode rigide et
systématisé avec intolérance, autoritarisme et besoin d'imposer ses opinions. Ces personnes sont ombrageux, agressifs, jaloux, etc... Ce qui leur vaut une difficulté d'insertion sociale. On
évite le caractère paranoïaque et il se trouve mis à l'écart.
Luisa Gelts
3
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Jeudi 22 juillet 2010
4
22
/07
/Juil
/2010
23:13
L'interprétation est un jugement inexact porté à partir d'une perception réelle. Ne pas confondre avec
l'illusion que l'on rencontre en neurologie est qui est la perception déformée d'un objet existant.
L'interprétation peut porter sur le monde extérieur ou intérieur. Elle peut porter sur une sensation éprouvée
concernant son propre corps. Sensation réelle à laquelle le patient donne une signification fausse. Par exemple s'il a des nausées il est persuadé qu'on l'a empoisonné et qu'il y a un complot
contre lui.
L'interprétation exogène est bien plus importante. Ces malades ont une très grande imagination qui donne un
sens à totu ce qui les entoure. Tout est interprété et a une signification qui se rapporte à lui-même. La rencontre d'un homme en imperméable va signifier que c'est un policier en civil, un
homme qui met la main devant sa bouche va vouloir dire "tais-toi", etc... Mais c'est surtout au niveau du langage qu'il y a des significations. Ca concerne les paroles entendues, les choses
vues et entendues à la télévision, ce qui est écrit dans les journaux, etc... L'interprétation va très loin. Par exemple un malade avait remarqué dans une lettre 2 lignes superposées parce que
dans celle du dessus il y avait "tu" et dans celle du dessous "toi". A la verticale on lisait "tu toi". Pour ce malade c'était "tue toi", l'invitant à se suicider.
Il s'agit ici de délire extrêmement systématisé et cohérent, qui s'ordonne avec ordre et clarté. Presque logique. Autrefois on l'appelait "folie raisonnante". C'est un délire
progressivement extensif. Souvent le malade commence par se poser des questions au sujet de choses qui lui semblent étranges, des petits faits qui ne lui paraissent pas clairs. Au fil des
jours, il va y avoir de plus en plus de petites choses bizarres. Le malade se met à chercher pour expliquer ces petits faits. Ca peut aller jusqu'à une théorie cosmopolite construite pour
expliquer le monde entier.
La construction délirante s'organise autour d'une idée directrice. Ce délire entraîne une conviction entière
et massive ainsi que des réactions en général importantes.
Dans le délire d'interprétation il n'y a ni affaiblissement intellectuel, ni désorganisation de la
personnalité.
Il peut arriver que les interprétations deviennent de plus en plus absurdes ou très
stéréotypées.
1
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Mardi 6 juillet 2010
2
06
/07
/Juil
/2010
23:56
Les formes pseudo-névrotiques de la schizophrénie sont connues depuis relativement peu de temps. Elles ont été repérées lorsque l'on a commencé à faire des psychothérapies de névrose. On ne les voit pas
forcément à l'hôpital psychiatrique. Ce sont des schizophrénies dans lesquelles les symptômes primaires (dissociatifs) sont nets mais réduits. Les symptômes secondaires (de reconstruction) sont, eux, au premier plan, et la schizophrénie est dominée par des troubles d'allure
névrotique (obsession, phobie, symptôme hystérique). Ce symptôme névrotique est un mode de lutte
contre la dissociation.
Ces fausses névroses ont une symptomatologie de façade qui masque et défend une psychose et
si l'on touche trop à cette façade c'est l'effondrement psychotique.
L'évolution est faite d'alternances, de moments pseudo-névrotiques et de moments de désorganisation avec
dépersonnalisation et apparition d'hallucinations, etc...
Il n'est pas facile de repérer le caractère pseudo-névrotique d'un symptôme. Il faut voir le symptôme
névrotique lui-même. Si par exemple il s'agit d'une phobie, il faut savoir que ce n'est jamais une phobie typique. Ce sont des phobies très extensives, non localisées, avec difficultés à dévier
de son existence. Ca va être, par exemple, la peur d'une maladie, de la mort, peur que la planète s'arrête de tourner, peur de cesser de respirer, peur de l'atteinte à l'intégrité corporelle,
impression d'être atteint de disgrâce corporelle avec stations devant un miroir pendant des heures, etc... C'est un début de morcellement.
Ilène Meyer
1
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Vos derniers mots