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Psychiatrie

Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 19:08

L'apraxie constructive :
Le malade souffre d'une incapacité de reproduire un dessin tel qu'un cercle ou un carré.

L'apraxie idéomotrice :
Incapacité de se souvenir d'un geste correct pour faire quelque chose. Si on demande au malade comment on fait pour ouvrir une porte il est dans l'impossibilité de faire le geste qu'il faut, même si, comme il arrive parfois, il sait encore le faire lorsqu'il doit réellement ouvrir la porte. Demandez-lui d'envoyer un baiser de façon symbolique, il ne saura pas non plus, même s'il est encore capable de le faire de façon spontanée.

L'apraxie idéatoire :
Ici c'est l'incapacité d'organiser une suite de gestes corrects. On demande au malade d'allumer une bougie avec des allumettes, on lui donne une boîte d'allumettes. Il se souvient de ce qu'il faut faire mais il ne sait plus dans quel ordre. Les gestes nécessaires vont être faits de façon complétement anarchique. Par exemple il allume l'allumette, souffle dessus pour l'éteindre et l'approche de la mèche de la bougie.

L'apraxie de l'habillage :
Nous sommes ici dans l'incapacité de s'habiller seul comme vous aurez pu le deviner. Le malade oublie la succession des gestes nécessaires pour s'habiller. Il va par exemple commencer par mettre son pantalon et ensuite son slip. Mais ça peut aussi passer les jambes dans les manches de la veste.

 

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Voir les 4 commentaires - Communauté : Médecine - Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 19:43

Le mot catalepsie vient du grec "surprise".
Le sommeil catalepsique donne l'impression de la mort. C'est un état qui peut se présenter au moment du réveil ou à la suite d'émotions très violentes. Il peut durer quelques heures et il est arrivé, dans certains cas, qu'il se prolonge durant des années.
Ce n'est qu'un sommeil apparent. Bien qu'il demeure sans aucune réaction, le malade est en réalité tout à fait conscient. Il entend, il enregistre tout ce qui se passe autour de lui.
La catalepsie est un trouble de l'initiative motrice. Le cataleptique est incapable de se mouvoir spontanément et conserve les attitudes musculaires qu'on lui impose.
Mis à part la catalepsie que l'on obtient au moyen de l'hypnose et celle dûe à certains troubles neurologiques, il existe des catalepsies dues à l'hystérie. Dans ce cas la crise apparaît brutalement avec rigidité des membres. Le tronc prend la forme d'un arc de cercle. La catalepsie hystérique peut se prolonger pendant des années jusqu'à la guérison instantanée. La guérison peut intervenir suite à un choc émotif, une psychothérapie ou autre. Il y a des guérisons miraculeuses de paralytiques à Lourdes qui n'en sont pas.
Il existe de nombreuses causes psychiques pouvant déclencher une catalepsie.

 

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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 18:50

La manie, inverse de la mélancolie, est un état d'euphorie morbide. C'est un syndrôme particulier marqué par une hyperactivité désordonnée et accélérée des conduites intellectuelles, une exaltation et une versatilité de l'humeur (euphorique), une agitation motrice intense, ayant perdu toute efficience et tout objet.
L'accès maniaque débute assez rapidement, voire subitement. Il arrive qu'un symptôme, toujours le même, précède le début de l'accès. Les malades qui se connaissent bien le reconnaissent. Ce peut être par exemple un besoin d'extravagance, toujours le même. Mais la plupart du temps il n'y a rien qui prévient et l'état d'exaltation s'installe brusquement.
Autrefois, pour les leçons cliniques des cours de psychopathologie adulte, on faisait entrer un malade mental devant un auditoire de 200 personnes, comme sur une scène de théâtre. Pour expliquer un maniaque c'est beaucoup plus simple que d'essayer de le décrire. Ce procédé fait un peu "bête de cirque" je vous l'accorde. Voici donc la description de l'une de ces scènes que nous retrace Kraepelin, psychiatre allemand du 19ème :
Vous entendez la malade avant même son arrivée ici. La voilà parmi nous dans la plus violente agitation. Elle ne s'assied point, elle marche à pas rapides autour de la salle, se mêle aux auditeurs, fait mine de les embrasser et examine à la hâte ce qui lui tombe sous les yeux. Arrive-t-on enfin à l'asseoir, elle saute brusquement sur son siége, jette ses chaussures avec son tablier et se met à danser et à chanter. Elle s'arrête un instant, puis frappe des mains, va au tableau et écrit son nom. Elle termine en dessinant un paraphe, qui en une minute, couvre la planche presque entière. Elle l'efface ensuite légèrement avec une éponge et retrace quelques lettres. Tout à coup, elle lance la craie au loin sur les auditeurs, prend sa chaise, la traîne en cercle autour d'elle, s'y assied lourdement pour se relever aussitôt et recommencer son 1er jeu.
En même temps elle ne cesse de bavarder, mais elle parle très vite, en émettant des propos presque incompréhensibles et de la plus complète incohérence. On réussit cependant, en lui posant une question pressante, à obtenir une réponse à peu près sensée mais enchevêtrée dans un fatras de phrases sans suite, qu'elle marmonne entre ses dents. Ce sont des locutions toutes faites qu'elle a entendues autour d'elle et qui s'écoulent sans rime ni raison dans un délayage de paroles. La malade sait encore son nom, son âge et se rend compte où elle est. Elle connaît les personnes qui l'environnent mais en leur attribuant diverses étiquettes qui lui passent par la tête. Impossible de tenir avec elle une conversation suivie. Elle quitte sa chaise, s'adresse aux auditeurs, court à la fenêtre, danse, chante, d'une gaieté exagérée. Elle rit continuellement, même au milieu de ses discours. Néanmoins elle est facilement en colère et parfois se répand en flots d'injures à la moindre agacerie, aussitôt arrêtées en un rire joyeux.
Voilà la description d'un malade maniaque.
Un malade maniaque peut tout aussi bien se déguiser en Napoléon que se promener tout nu, chanter la Marseillaise et se mettre à crier. Il va sans problème dire au médecin qu'il a en face de lui d'aller se refaire faire les dents. Il rit, il chante, il plaisante, il casse, il hurle, etc..... Mais il lui arrive parfois de s'arrêter pour dire avec angoisse qu'il est poussé par cette euphorie. Il lui arrive, de façon exceptionnelle, de perdre le contrôle et de passer à la manie furieuse et devenir dangereux.
C'est un malade très fatigant et infatigable. Lorsque n'existait aucun traitement certains en mouraient d'épuisement, la crise pouvant durer des jours et des jours.

Tableau de Dinh Dang Nguyen

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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 19:28

L'hystérie, qui fait partie des névroses, c'est en réalité tout un tas de phénomènes hystériques qui sont passagers, congénitaux ou permanents. On a longtemps pensé que ça ne touchait que les femmes. Connue depuis la nuit des temps. Bien connue pendant l'antiquité on prétendit ensuite qu'il s'agissait de corps possédés qu'il fallait exorciser, puis enfin au 19ème siècle les neurologues se penchèrent sur le problème. L'hystérie a tant de facettes qu'autrefois on collait l'étiquette hystérique sur une crise de nerfs, sur tout et n'importe quoi. Lasegue l'appelait "la corbeille à papier où l'on met tout ce qui est inclassable".

Charcot a montré que les phénomènes hystériques pouvaient être produits à volonté par l'hypnotisme et que l'hypnotisme pouvait aussi les faire disparaître. On comprit donc vite que chez l'hystérique, la cécité, la paralysie, la syncope ou la surdité, par exemple, étaient en fait de l'autosuggestion. Autosuggestion à puissance énorme qui crée une idée fixe dans le cerveau du patient. Charcot a aussi très bien décrit les très riches délires et les paroxysmes hystériques.

L'hystérie produit aussi bien des convulsions que des maux de têtes, des vomissements, des paralysies, des obsessions, des idées fixes, de terribles spasmes, une cécité, etc... Tout cela bien entendu sans la moindre cause organique. La névrose hystérique est la fixation symbolique de l'angoisse sur le symptôme.

Les grandes manifestations hystériques le plus souvent rencontrées sont :

-les crises d'agitation incohérentes avec logorrhée, larmes, rires, cris, invectives, plaintes, où la conscience demeure active et l'esprit en alerte. En cas de chute, l'hystérique ne se blesse que très rarement, il sait où il tombe. Ce phénomène a fait croire pendant longtemps à de la simulation.

-les paralysies qui peuvent ne toucher qu'un seul membre, la moitié du corps, les 2 membres inférieurs ou supérieurs, et parfois tous.

-la cécité ou le mutisme sans base organique évidemment mais qui peut durer très longtemps, voire des années.

-des spasmes et des contractures amenant des pseudo-méningites, des pseudo-appendicites, etc...
Nous sommes ici dans la conversion hystérique.

Il arrive que soit coupée la sensation consciente, ce qui fait que l'hystérique peut se couper ou se brûler sans ressentir la moindre douleur. Ceci prouve le sommeil du cerveau conscient. C'est l'idée fixe qui provoque le sommeil des parties du cerveau qui ne correspondent pas à cette idée.

Dans le somnambulisme de l'hystérique le sujet est éveillé par son rêve intérieur. Il vit son rêve et en suit aveuglément les ordres sans aucune peur. Aucun souvenir n'est gardé au réveil. Lorsqu'il y a dédoublement de la personnalité, le sujet vit sur 2 Moi, chacun ayant sa propre vie. L'un est sous contrôle de la conscience normale et l'autre est dirigé par un moi inconscient qui se trouve dans des centres nerveux de la vie insconsciente avec ses habitudes et ses instincts. Comme s'il y avait 2 cerveaux. Ce dédoublement peut durer des années. Des années pendant lesquelles l'hystérique va travailler, avoir une vie sentimentale etc...

Chaque cas est différent.

L'hystérique en crise n'est pas silencieux, il impose ses symptômes. En cas de crise, l'entourage ne doit à aucun prix s'affoler sous peine de renforcer la manifestation hystérique.

Aujourd'hui on ne parle plus vraiment d'hystérie mais de manifestations hystériques. Il y a l'hystérie de conversion et l'hystérie d'angoisse, mais dans ce dernier cas on va plutôt parler de névrose phobique.

 

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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 19:39

L'agressif est constamment crispé. Lorsqu'il est tranquille il a les sourcils froncés et les mâchoires serrées, poings fermés, il est hyper-nerveux. Il semble très sûr de lui, il semble n'avoir peur de rien ni de personne. Lorsqu'il se déchaîne il crie, gesticule, feinte, attaque sans raison, se moque, insulte, agresse. Ses répliques sont forcément infériorisantes, insultantes. Il attaque sans même qu'on ne lui parle ou qu'on le touche.
L'agressif se redresse dès qu'on le regarde. Il fonce à travers tout et tous. Son sourire est autoritaire et dur. Il est faux. Il attaque sans cesse.
Son entourage prend des gants pour lui parler pour éviter ses terribles colères. Il terrorise sa femme et ses enfants. Il perd ses amis. Face à quelqu'un qui a peur de lui l'agressif méprise et lance des phrases cinglantes. Mais dans le cas contraire notre agressif devient mouton. Il s'adoucit parce qu'il est timide. Un timide qui un jour s'est mis à taper partout pour se protéger de la peur. Il croit ainsi avoir réagi. Il croit que c'est lui qui a décidé. En réalité ce timide a tellement déployé d'efforts pour surmonter sa timidité ou son émotivité, qu'il a fatigué son système nerveux.

Cette agressivité est un mécanisme de compensation devant la peur et devant la fuite ordonnée par cette peur. L'agressif s'agite beaucoup et croit que son action est volontaire, il se prend au sérieux. Il prend son agitation pour de l'énergie qu'il aurait conquise. Il s'admire parce qu'il croit avoir surmonté sa timidité, lui qui avait peur, fait peur aux autres. Il s'étonne que le vide se fasse autour de lui. Pourtant il lui arrive parfois de se rendre compte que sa force est fausse. Comme le perfectionniste il sent la contradiction entre ce qu'il est et ce qu'il paraît et cela crée une angoisse. Cette angoisse il la compense en renforçant son agressivité. Son énergie dépensée en pure perte, provoquant tant d'efforts, fait qu'au bout d'un certain nombre d'années il épuise son système nerveux. Cet épuisement conduit à la dépression, à l'agitation. La dépression renforce sa timidité et l'agitation renforce son agressivité. C'est un cercle vicieux et sans aide médicale, c'est le clash.
L'agressivité constitutionnelle apparaît chez les tempéraments impulsifs et violents, chez les épileptiques et chez le paranoïaque. L'agressivité acquise est une agressivité accidentelle qui résulte d'un état psychologique accidentel. Parfois un traumatisme crânien est à l'origine de troubles du caractère déclenchant parfois l'agression. On trouve l'agressivité acquise dans la schizophrénie, dans les psychoses hallucinatoires, dans les délires de jalousie, et autres.
Les parents qui se montrent trop exigeants, dominateurs ou autoritaristes risquent de faire de l'enfant un adulte agressif. De même que les parents trop peu exigeants qui cèdent aux exigences agressives de leur enfant.

 

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