Samedi 28 novembre 2009
6
28
/11
/Nov
/2009
18:44
La chorée de Huntington (à ne pas confondre avec la danse de St Guy) est une affection héréditaire rare mais il existe aussi des formes sporadiques.
Il s'agit d'une atrophie intéressant le cortex cérébral, surtout les noyaux gris.
Les premiers signes apparaissent la plupart du temps entre 30 et 50 ans mais il arrive que les troubles du caractère et du comportement surviennent bien avant les signes neurologiques.
On retrouve des mouvements anormaux de type choréique (danse de St Guy) brusques, saccadés et anarchiques mais moins rapides que dans la chorée de Sydenham. Ils atteignent rapidement la face
entraînant plus tard la phonation et l'alimentation. Le tronc s'anime de mouvements de torsion et de reptation, la marche est irrégulière et sautillante quand ce elle n'est pas totalement
déséquilibrée. Les mouvements volontaires sont gênés par des secousses des doigts. Souvent on assiste aussi à une akinétohypertonie succèdant à l'hypotonie.
L'affaiblissement intellectuel est là mais peut être longtemps caché par des réactions caractérielles, une irritabilité, des sautes
d'humeur, compromettant l'adaptation. On retrouve fréquemment des accès dépressifs passagers ou
durables pouvant mener au suicide. Il n'est pas rare non plus de rencontrer des états
délirants hallucinatoires
à thèmes de persécution.
L'évolution va lentement vers un état démentiel avec indifférence et incurie. Le décès survient entre
15 et 20 ans après le début de la maladie. Les neuroleptiques majeurs atténuent les mouvements désordonnés.
3
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Samedi 21 novembre 2009
6
21
/11
/Nov
/2009
19:29
A ne pas confondre avec la démence organique.
La démence sénile survient après 70 ans et il semble exister une prédisposition héréditaire.
Je ne vais pas aborder le côté lésions, un peu trop pro pour le profane et pas vraiment utile.
Au début de la démence sénile on observe des troubles de la mémoire et une négligence dans la tenue du ménage. Les intérêts et les activités se trouvent réduits. Colère, entêtement,
égocentrisme s'installent peu à peu. Il arrive que la maladie s'installe brutalement après un deuil, une hospitalisation, un déménagement. C'est la perte de repères spatiaux et des habitudes
qui précipitent la décompensation.
La démence sénile peut se révéler par des idées délirantes de préjudice ou de jalousie, un épisode confusionnel transitoire, un état dépressif faisant penser à une
mélancolie anxieuse.
Chez le dément sénile la désorientation temporo-spatiale est complète. Les troubles de la mémoire s'accompagnent de fabulation et fausses reconnaissances. Le langage s'appauvrit, le radotage sur
les souvenirs s'installe. L'apraxie constructive et l'agnosie des physionomies sont précoces. Le comportement peut être agité ou apathique. Les actes sont
désordonnés. La turbulence nocturne est fréquente. L'errance amnésique loin du domicile n'est pas rare, le sujet doit être surveillé.
Tout cela va vers un état de cachexie grabataire qui finit par la mort en quelques années. Le milieu
dans lequel évolue le malade peut retarder l'apparition du gâtisme et de la déchéance
physique.
Photo Veronika Pinke
4
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Samedi 14 novembre 2009
6
14
/11
/Nov
/2009
20:57
La démence organique est d'origine lésionnelle. C'est un affaiblissement global et progressif. Ne pas confondre avec la
démence sénile. Il y a une profonde altération du fonctionnement intellectuel, de
la vie affective et des conduites sociales. Survient rapidement une détérioration de l'état somatique. La démence organique est un déficit global acquis. Elle a une évolution chronique, elle
est souvent incurable. Le malade est incapable d'autonomie.
Les troubles surviennent sans qu'il y ait eu d'accidents psychiatriques auparavant, les premiers signes étant très souvent des troubles de la mémoire, des oublis, des erreurs dans l'activité
quotidienne, l'apathie, le désintérêt, le changement de caractère. Le sujet devient égoïste, coléreux et puéril. Les automatismes sont parfois conservés longtemps.
La tenue du malade est négligée, il est inexpressif ou ses mimiques sont inadaptées. Il coopère peu, il est indifférent à sa
situation. Il n'est plus capable d'attention soutenue, il faut lui répéter les choses les plus simples. Il ne sait plus se situer dans le temps, il ne sait plus s'orienter. Il oublie les faits
récents, il perd ses affaires, il oublie ce qu'il vient de voir. Les anciens souvenirs sont gardés plus longtemps et sont parfois répétés inlassablement. Les derniers souvenirs à s'effacer sont
les souvenirs d'enfance. Son langage est devenu pauvre. Il est lent à répondre, il répond à côté ou à moitié. Le patient oublie les mots. Les erreurs de langage apparaissent assez tôt. Son
raisonnement est très vite touché. Il est aussi affecté par des troubles du jugement, il n'a plus notion des valeurs et de la logique.
Le dément organique souffre d'agitation nocturne, d'incurie, troubles du comportement alimentaire et du comportement excrémentiel, avec réapparition de comportements primitifs.
Tous les états démentiels aboutissent à une désintégration du langage, des gnosies (perception, reconnaissance des choses) et des praxies (mouvements coordonnés de façon normale).
9
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 4 novembre 2009
3
04
/11
/Nov
/2009
21:17
La confusion mentale est une obnubilation
de la conscience qui entrave le fonctionnement de toute l'activité psychique avec d'abord une baisse de vigilance, de troubles de la mémoire et une désorientation temporo-spatiale. On observe souvent un délire onirique proche du rêve. Il y a trouble de l'attention, de la concentration et de l'orientation. Elle est fréquent chez les personnes âgées.
L'état confusionnel est en général aigu, transitoire et réversible. La plupart du temps il ne reste pas de séquelles. Tout dépend de la cause qui peut être aussi bien une méningite, le
paludisme ou une affection toxique (drogue, alcool, médicaments ou produit comme le plomb ou l'ergot de seigle par exemple). Le diabète est fréquemment en cause, et parfois la psychose du
post-partum. L'état confusionnel peut s'installer brutalement et inaugurer une affection somatique. Elle sera éventuellement précédée de maux de tête, d'insomnie, de bradypsychie, de sautes de caractère. Une agitation peut révéler une
confusion mentale. La confusion peut aller de l'obnubilation à la stupeur proche du coma.
Le confus paraît absent, retranché de la réalité. Son regard est lointain, ses gestes lents et maladroits. Ses paroles sont
bredouillées. Son comportement varie beaucoup, il peut être inerte ou déambuler à travers les pièces. Le désordre psychique n'est pas évident, il peut passer inaperçu.
Les synthèses mentales sont impossibles ou très ralenties, l'activité perceptive est déficitaire et le monde extérieur n'est plus reconnu de façon claire et rapide. Le confus identifie mal ses
propres affaires et ses proches. Il faut l'aider à faire sa toilette et à manger. Il commet des erreurs sur la date, la saison, le lieu, la durée. Dans sa chambre le malade peut s'égarer et ne
plus retrouver son lit.
Ce rêve délirant, intensément vécu et agi, peut être dangereux pour le malade et pour les autres. S'il s'imagine dans un incendie il
est capable de sauter par la fenêtre.
Les faits mal perçus ne peuvent se fixer et le sujet oublie à mesure, ne pouvant dire ce qui s'est passé depuis le début de sa maladie. Il évoque ses anciens souvenirs avec lenteur et
hésitation. Après sa guérison, le malade gardera une lacune mnésique couvrant la période confusionnelle. Ce trou de mémoire permet plus tard de diagnostiquer la confusion façon rétroactive.
On peut assister aussi à de fausses reconnaissances. En général la confusion est plus marquée le soir
et dans l'obscurité.
Les courts intervalles de lucidité sont très caractéristiques du syndrome confusionnel.
4
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Mardi 27 octobre 2009
2
27
/10
/Oct
/2009
19:46
Les paraphrénies sont caractérisées par la dominance des mécanismes imaginatifs sur les éléments hallucinatoires et les justifications interprétatives. La production délirante est déployée comme une fiction poétique ou
romanesque, une création de faux évènements, faux souvenirs, que le patient se raconte à lui-même et aux
autres.
Il est difficile de suivre les récits issus de fabulation paraphrénique où les intrigues se mêlent de façon
plus ou moins incohérente et contradictoire. Les récits sont parfois riches de néologismes, glossolalie et
tournures bizarres selon l'inventivité verbale du malade.
La paraphrénie est relativement rare et débute en général avant 40 ans. La richesse des productions délirantes du sujet ne compromet pas profondément l'adaptation au réel. Même avec la venue de
nouvelles fables, l'évolution n'entraîne pas de désocialisation majeure sur une longue période.
Dans la paraphrénie confabulante (ou délire d'imagination) les créations imaginatives restent plus ou moins reliées entre elles par un certain degré de systématisation. Les idées de grandeur
gravitent autour d'un thème central (souvent de filiation). La fabulation part du réel, s'alimente de lectures, de conversations, de récits entendus, et brode sur les thèmes de l'actualité.
Elle utilise aussi le passé qu'elle façonne et transfigure pour aboutir à des récits de substitutions d'enfants, d'héritages fabuleux, de successions princières et autres.
La paraphrénie fantastique donne lieu à des productions luxurieuses où se mêlent représentations délirantes décousues, mobiles, avec
exaltation thymique, et expériences hallucinatoires pouvant être très riches. Le discours visionnaire projette
une fantasmagorie féérique ou dramatique de l'univers que le malade livre avec grand bonheur, emporté par son inspiration ou son illumination. Ses fantasmes s'érigent dans un monde merveilleux où dominent l'énormité, la confusion du simultané et du successif, la
dissolution du temps et de l'espace, la multiplication des personnages. Il a vécu 1000 vies humaines, animales ou végétales. Ombilic de l'histoire universelle, il connaît tout des prophètes qui
vivent tous en lui. Il n'est pas concerné par la mort. Tout cela s'exprime verbalement bien sûr, mais aussi dans la production graphique.
Les paraphrénies font partie des organisations délirantes chroniques.
3
-
-
Publié dans : Psychiatrie
Vos derniers mots