Jeudi 19 novembre 2009
4
19
/11
/Nov
/2009
18:06
L'automne
L'automne au coin du bois
Joue de l'harmonica
Quelle joie chez les feuilles !
Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte
On dit qu'elles sont mortes
Mais personne n'y croit
L'automne au coin du bois
Joue de l'harmonica.
Maurice
Carême
8
-
-
Publié dans : Poésie, écritures
Jeudi 12 novembre 2009
4
12
/11
/Nov
/2009
20:12
Ma morte vivante
Dans mon chagrin, rien n'est en mouvement
J'attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même
Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s'est séparée de ta bouche
Ma bouche s'est séparée du plaisir
Et du sens de l'amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n'avanceront plus, il n'y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos
Il m'est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j'ai crue infinie
Et l'avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d'un monde indifférent
J'étais si près de toi que j’ai froid près des autres.
Paul
Eluard
6
-
-
Publié dans : Poésie, écritures
Jeudi 5 novembre 2009
4
05
/11
/Nov
/2009
18:26
Paris at night
Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras
Jacques Prévert
Photo de Raymond Voinquel
8
-
-
Publié dans : Poésie, écritures
Jeudi 29 octobre 2009
4
29
/10
/Oct
/2009
19:48
Ses mots
La langue de ma mère
A des mots pour tout
Dans la grande famille des mots
Je m'en choisis pour passer l'hiver
Des mots en laine du pays
Cette année j'ai choisi le mot guérison
Le mot liberté
Des mots qui tiennent bien au chaud
Gérald Godin
Gérald Godin
5
-
-
Publié dans : Poésie, écritures
Jeudi 22 octobre 2009
4
22
/10
/Oct
/2009
20:40
Les enfants qui s'aiment
Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s'aiment
Ne sont là pour personne
Et c'est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour
Jacques
Prévert
10
-
-
Publié dans : Poésie, écritures
Vos derniers mots