Mercredi 13 mai 2009
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Présente dans la psychose maniaco-dépressive, la mélancolie est un accès dépressif très intense. C'est un état de dépression profonde où le risque de suicide est grand. Le mélancolique ressent une profonde douleur
morale avec insomnie, anorexie, inhibition psychique et psychomotrice avec ralentissement et aboulie.
Son début est en général rapide et précédé, ou accompagné, de troubles du sommeil. L'amélioration du sommeil est contemporaine de la
guérison. Il peut exister des facteurs déclenchants comme le deuil, un échec, une séparation, ou des évènements heureux comme un succès, mais ce n'est pas une donnée constante.
L'accès mélancolique se constitue progressivement. L'insomnie et la fatigue s'installent rapidement. Puis vient la
difficulté croissante à s'intéresser à quelque chose, les sentiment de dépréciation, les ruminations sur l'avenir, etc... La tristesse est bien plus importante que dans une simple dépression.
Tout est porté à l'extrême. La douleur morale est lancinante, intolérable et le malade ne peut y échapper. Le sentiment d'irrémédiabilité est très fort.
L'aménorrhée est presque toujours présente.
Le visage devient terreux et vieilli. Le malade est prostré. Il lui est pénible de faire quelque chose. Il est capable de
rester assis et immobile pendant des heures. Il parle peu et sur un ton monocorde. Mais il peut aussi minimiser ou cacher ses troubles (dépression souriante). Sa capacité de réflexion est lente
et appauvrie. Il est peu (ou pas) capable de se concentrer. Il est dans sa douleur psychique, en-dehors du monde.
Le mélancolique est toujours indécis avec un sentiment d'impuissance. Même les soins corporels et l'habillement sont
négligés. Il a du mal à s'émouvoir (anesthésie affective), ses sentiments sont éteints. Il n'a plus goût à la vie. Sa tristesse, son ennui, ses regrets et son désespoir ne le quittent pas. Rien
ne peut le réconforter. Il est extrêmement las. Il s'accuse facilement. Essayer de le distraire ne fait qu'augmenter son sentiment d'incapacité et il s'en déprécie d'autant.
Il ne se voit pas d'avenir. Il est sûr d'être incurable. Il ne s'alimente pas.
15% des mélancoliques se suicident. Au cours d'un raptus impulsif, la réalisation du suicide est brutale (défenestration, noyade). Attention : le risque est plus élevé encore lorsque la surveillance se relâche au
moment de la levée de l'inhibition qui précède la disparition de la douleur morale. Son suicide, lui, il le prépare depuis longtemps. Son sourire retrouvé peut vouloir dire "je suis content, tout
est prêt, je vais enfin partir". Le mélancolique ne veut pas se rater, il recherche le moyen le plus sûr et parfois il emmène avec lui ses enfants pour les protéger.
La symptomatologie dépressive empire le matin et s'améliore le soir.
La guérison demande plusieurs mois voire plusieurs années.
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Publié dans : Psychiatrie
Jeudi 7 mai 2009
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La manie et la mélancolie ont été identifiées dès l'antiquité. Par contre les liens étroits qui les unissent en une seule maladie
n'ont été reconnus que dans le 2ème moitié du 19ème siècle. La psychose bipolaire est caractérisée par la survenue de crises maniaques et de crises mélancoliques.
Plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. La psychose unipolaire est caractérisée par la survenue de
crises d'un seul type, la mélancolie récurrente.
La psychose maniaco-dépressive est définie par la survenue de perturbations cycliques de l'humeur sous forme d'accès maniaques ou d'accès mélancoliques, le sujet retrouvant son état normal
entre 2.
Dans cette pathologie le trouble de l'humeur est primaire, fondamental et endogène. Tous les autres troubles observés pendant les crises dans les domaines de l'activité psychique, du
comportement et des fonctions biologiques, sont en corrélation avec la perturbation thymique et disparaissent
avec elle.
Les troubes de l'humeur d'origine psychogène sont uniquement du registre dépressif : élaboration d'une
névrose, décompensation
dépressive. Ils sont très fréquents.
La manie aiguë est un état d'excitation où l'on retrouve :
-une exaltation de l'humeur à tonalité euphorique
-une accélération des processus psychiques avec fuite des idées
-une hyperactivité désordonnée
-une perturbation de certaines fonctions biologiques, notamment le sommeil.
Le sujet se sent envahi par un sentiment d'euphorie, avec un besoin de parler de plus en plus vif. L'agitation grandit vite. Les activités de plus en plus décousues commencent dès l'aube. La
déshinibition sexuelle s'installe. Le verbe est haut, les yeux brillent. Le malade ne peut rester assis, il bouge tout le temps, il touche à tout. Plus il bavarde, plus ses propos sont
incohérents. Les dépenses sont inconsidérées, le vêtement extravagant et les démarches intempestives. Le sujet est irritable. Impatient et survolté, il se sent familier avec tout et tout le
monde, il se croit capable de tout. Il fait de grands projets. Il découle de tout cela tapage nocturne, outrages à la pudeur, scandales sur la voie publique, excès ethyliques et autres.
L'entourage est averti par les troubes du comportement qui inaugurent l'accès maniaque et qui sont toujours les mêmes. L'hospitalisation est toujours nécessaire mais difficile à cause de la
méconnaissance du malade de la nécessité des soins.
Le maniaque est très versatile. Il peut passer du rire aux larmes en un clin d'oeil. De la même façon il peut passer de la générosité à l'agressivité. Toute contrariété l'irrite. Il est en
constante recherche du plaisir sous toutes ses formes.
Ses souvenirs surgissent dans n'importe quel ordre et les images défilent. Le malade saute d'une idée à l'autre, son attention est éparpillée, le rendant incapable de réflexion. Sa fantaisie
imaginative n'a de cesse. Il peut parfois y avoir manie délirante.
L'insomnie est rebelle aux hypnotiques habituels mais le malade ne ressent aucune fatigue. La faim et la soif sont excessives mais la pluplart du temps on observe un amaigrissement. Sueur et
salivation sont abondantes. Aménorrhée chez les femmes. Tout cela redevient normal à la fin de l'accès.
Souvent une phase dépressive suit la phase maniaque.
La grande agitation maniaque avec cris, refus de s'alimenter, absence totale de sommeil, avec brutalité, impulsions à cracher et à mordre, n'existe pour ainsi dire plus aujourd'hui.
Dans l'accès mélancolique, l'humeur est fixe, uniformément dépressive et douloureuse.
Les risques d'une psychose maniaco-dépressive existe entre 15 et 65 ans, le risque étant très élevé dans les familles déjà concernées.
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Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 29 avril 2009
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Le transsexualisme est la conviction profonde d'appartenir au sexe opposé associée au désir impérieux d'obtenir un changement de sexe
civil et anatomique.
Chez le transsexuel existe une négation absolue des sentiments, des pensées et de l'identité de son propre sexe, ainsi qu'une identification totale à ceux du sexe opposé. Nous ne sommes pas ici
dans le cas d'une perversion du désir sexuel mais d'une totale inversion psychologique.
Le transsexuel n'accepte pas qu'on l'étiquette homosexuel ou travesti : il porte des vêtements féminins parce
que ce sont ceux qui correspondent à son vrai statut et comme il est convaincu d'être une femme, ses désirs sexuels ne peuvent l'attirer que vers les hommes.
Le transsexuel s'estime victime d'injustice lorsque l'état civil refuse la modification de son identité. Il fait usage d'hormones féminisantes pour provoquer un développement mammaire et
recherche les transformations chirurgicales (amputation pénienne et création d'un vagin artificiel, de grandes lèvres et d'un clitoris).
La plupart du temps le transsexualiste souffre de troubles de la personnalité de façon profonde avec délires
sur le thème de la transformation corporelle et revendications hypocondriaques. Il est aussi sujet aux épisodes
dépressifs sévères.
Coccinelle, transsexuel célèbre
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Publié dans : Psychiatrie
Jeudi 23 avril 2009
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Le travestisme est la subordination, épisodique ou régulière, du plaisir sexuel, au port de vêtements de l'autre sexe. Plus fréquent
chez l'homme que chez la femme.
Le travestisme hétérosexuel est assez proche du fétichisme. Préalablement à une relation sexuelle
l'homme s'habille en femme. Il suffit parfois d'une seule pièce de vêtement pour le satisfaire.
L'acte sexuel peut être masturbatoire devant une glace. Il est souvent masochiste, exigeant des
attitudes de passivité et de soumission du partenaire.
L'identification à la femme en adoptant son vêtement permet la répression des désirs incestueux orientés vers la mère.
Le travestisme homosexuel satisfait une exigence profonde ou utilitaire comme dans la prostitution.
Chez la femme c'est souvent une intentionnalité d'affirmation homosexuelle. Mais l'éonisme n'exclut
pas forcément le désir de relations hétérosexuelles.
Le chevalier d'Eon
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Publié dans : Psychiatrie
Samedi 28 mars 2009
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Jung a mis en évidence les phénomènes de synchronicité et la notion d'inconscient collectif transmis de génération en génération dans la société et existant en dehors de tout refoulement et expérience individuelle.
Selon P. Legendre, l'individu est le produit d'une histoire dont il cherche à devenir le sujet. Les souffrances non réglées des générations précédentes sont laissées en héritage. Nous avons de
ce fait des dépendances de destinée.
Nous avons l'exemple connu du chasseur de papillons, cet homme qui avait pour passe-temps le dimanche de casser des cailloux, de chasser les papillons pour les achever dans un bocal de cyanure.
Suite à des recherches généalogiques et de discussions avec la famille, il fut découvert que son grand-père maternel avait fait des choses horribles et qu'on l'avait, pour cela, envoyé aux
bataillons d'Afrique pour casser des cailloux. Il y finit exécuté dans une chambre à gaz (d'où le cyanure). Cette histoire inavouable était secret de famille et le petit-fils exprimait le poids
du secret laissé dans l'inconscient familial.
Selon leur importance et l'insistance à vouloir cacher un non-dit, un secret de famille, leur gravité peut se transmettre de
l'inconscient d'un parent à l'inconscient d'un enfant. Dans la première génération il reste dans le silence. L'inconscient familial le transmettra à la 2ème génération où il est
alors innommable et à la 3ème génération où il deviendra impensable et provoquera des dommages allant de la délinquance à la schizophrénie.
Ce secret peut être tout un tas de choses comme une mort mal acceptée, un évènement honteux, une situation difficile, un inceste, un crime, un enfant mort-né, un suicide, un accident, etc...
Les secrets de famille peuvent aller jusqu'à s'investir de libido ou déterminer une profession.
Un membre d'une famille peut aussi répéter la maladie ou la mort de l'un de ses ascendants. Un psychogénéalogiste pourra l'aider.
La révélation du secret peut guérir mais peut aussi détruire. Pour éviter cet effet boomerang, il faut être prudent en ce qui concerne la levée du secret. L'effet peut tuer. Il faut y aller
très doucement.
Le statut d'enfant de remplacement, c'est lorsque sa naissance intervient dans l'année qui suit le décès de son aîné alors que ses parents n'ont pas pu en faire le deuil correctement. Identifié
au disparu, l'enfant ne trouvera pas sa place, n'arrivera pas à être lui-même et souffrira d'un sentiment de culpabilité. D'autant plus que par le passé, il portait presque toujours le prénom
du défunt. L'enfant de remplacement peut devenir un génie comme Salvador Dali, mais peut aussi
sombrer dans la folie, voire les 2.
Quiconque a une dette inconsciente risque de la faire porter à ses descendants.
En 1978, Nicolas Abraham et Maria Török ont appelé fantôme la formation de l'inconscient née du secret.
Se sentir mal, déprimé tous les ans à la même date, en souvenir inconscient du décès d'un membre de la famille. Accoucher à la date
anniversaire de la mort d'un parent. S'apprêter à mourir au même âge que son père ou son grand-père (voire les 2 lorsqu'il y a des séries). Avoir un accident au même âge que son aïeul. Il y a
énormément de choses dans le syndrome d'anniversaire. Et les détails sont impressionnants.
Exemple : François souffre depuis de nombreuses années de maux de gorge et d'une mauvaise circulation du sang à l'extrémité des membres, donnant une sensation de froid permanente. La thérapeute
qui travaille sur sa généalogie découvre que l'un de ses aïeux, prénommé aussi François, avait été guillotiné le 9 janviers 1793, jour de son anniversaire. Après avoir joué l'épisode
historique en psychodrame, les symptômes ont disparu.
C'est un petit aperçu, on ne peut pas englober tout ce sujet en si peu de lignes.
Le bonheur d'Emmanuel Gara
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Publié dans : Psychiatrie
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