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La dépersonnalisation est le sentiment éprouvé par un sujet de n'être plus lui-même, soit dans son intégrité somatique et corporelle : désincarnation (le corps paraît étranger, différent, comme celui d'un pantin), soit dans la conscience du Moi psychique (désanimation), soit comme un trouble de la conscience et de la personnalité (dépersonnalisation vraie).
Ce sentiment est parfois associé à une impression de changement dans le monde extérieur, de perte de familiarité avec l'ambiance (déréalisation). C'est un trouble subjectif partiel ou global, discret ou profond, ressenti par crise dans l'angoisse, comme une altération des sentiments d'être et d'avoir un corps, d'être quelqu'un qui a une identité, de percevoir un monde approprié familier et réel.
Le patient la décrit comme si la personnalité se dissolvait, se dédoublait, se transformait, sombrait dans le néant. Le décor familier devient insolite, étrange, irréel. Ces symptômes provoquent une grande angoisse, la peur de l'aliénation ou de la mort prochaine.
Ces crises peuvent survenir chez des personnes ne présentant aucune psychopathologie. Mais ces épisodes sont fréquents chez des sujets névrosés, déprimés, borderline. En général la dépersonnalisation touche des personnalités immatures, narcissiques, en réponse à des situations réelles ou imaginaires d'abandon, d'éloignement ou au contraire de rapprochements excessifs par rapport à l'objet d'amour. Ces situations réactualisant l'angoisse de séparation du jeune enfant, la crise aurait alors valeur défensive contre le délire.
La dépersonnalisation du schizophrène est fondamentalement différente. Par crises ou permanente, elle témoigne du délabrement du sujet qui se dissocie. Elle intéresse la cohésion corporelle, l'identité, la conscience du Moi psychique et l'intimité de la personne.
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