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En ces années 1956 et 1957, les résultats de l'industrie n'ont jamais été aussi bons. D'abord 10% puis 9% d'augmentation pour la production. 20% pour l'investissement en 1957. Nous sommes dans une logique de prospérité et l'Etat augmente le SMIG et les retraites, aide les personnes âgées et les quelques chômeurs, accélère la construction de logements, multiplie les dépenses publiques. Toutefois, ce que l'on ne nomme pas encore la guerre d'Algérie pointe à l'horizon et il faut 300 milliards supplémentaires pour la financer. Du coup la France accroît son déficit. Le Trésor fait appel aux crédits et aux avances de la Banque de France. L'inflation resurgit. Cette surchauffe attise les importations et le déficit extérieur s'aggrave. Le gouvernement remet alors en place des surtaxes d'importation et rétablit les contingentements.
En mars 1957 le ministre des affaires économiques, Paul Ramadier, réunit les responsables des grands secteurs industriels. Il faut qu'ils exportent pour ramener des devises, le secteur le plus sollicité étant celui de l'automobile. En cas d'échec il faudra augmenter la fiscalité intérieure. En août Félix Gaillard rajoute une taxe de 20% sur les importations et les exportateurs bénéficient d'une prime équivalente, ce qui correspond à la disparité entre les prix français et étrangers. L'opération 20% doit freiner les importations et rétablir l'équilibre de la balance des comptes afin d'éviter la dévaluation. C'est comme une dévaluation déguisée qui sera officialisée en juin 1958.
Dès la fin 1957 ces mesures permettent un retour progressif aux équilibres financiers mais ont tendance à discréditer la France à l'étranger. Renault a du mal à faire admettre aux américains qu'il ne bénéficie d'aucune aide à l'exportation, que les 20% ne servent qu'à compenser les surcoûts français.
Pourtant la France, avec 5 autres pays, vient de signer les 2 traités de Rome (25 mars 1957) qui donnent naissance à la CEE et à l'Europe de l'atome, l'Euratom.
Philip Straub
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