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Le meilleur usage que l'on puisse faire de la parole est de se taire
Tchouang-Tseu
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La névrose traumatique s'observe
principalement en temps de guerre ou lors de grandes catastrophes parce qu'elle est occasionnée par une expérience traumatisante d'une exceptionnelle intensité. Cependant elle existe aussi
en-dehors de ces circonstances. Elle peut se développer suite à une agression, ou un accident. Le choc émotionnel est lié à la situation menaçante pour la vie ou l'intégrité corporelle du
sujet. C'est une pathologie qui peut être durable et invalidante.
Ce qui la caractérise :
-Un débordement émotionnel : accès de tremblements, crises de larmes, voire parfois agitation motrice désordonnée ou décharges agressives. Hypersensibilité aux stimuli visuels, cutanés et surtout auditifs de façon constante.
-Un blocage des fonctions du Moi : apathie avec asthénie, désintérêt affectif et sexuel,
pouvant aller jusqu'à la prostration et la stupeur.
-Des phénomènes à répétition : ruminations conscientes, crises de colère, gestes de défense ou d'attaque prenant l'allure de tics. Cauchemars où le sujet revit l'évènement
traumatisant de façon dramatique.
Selon le stress, les réactions de l'entourage et de la personnalité du patient, on peut rencontrer
d'autres manifestations comme :
-Des troubles fonctionnels : fatigue, douleurs, oppression, dystonie neuro-végétative, symptômes grastro-intestinaux, qui vont polariser l'inquiètude du sujet.
-Des accidents de conversion hystérique : crises, camptocormie, astasie-abasie (impossibilité de se
tenir debout et de marcher sans aucune paralysie ou lésion organique), cécité, parésie (légère paralysie entraînant la diminution des possibilités de contraction de muscles), tremblements. Ces
accidents sont remarquablement tolérés.
-Dépression : elle est masquée par des symptômes plus expressifs. Elle se traduit par l'adynamie, le
repli, le sentiment de dévalorisation, la culpabilité, l'anorexie et l'insomnie.
-Des phobies investissant les objets ou les circonstances liés au traumatisme.
Une réorganisation de la personnalité met en jeu des mécanismes de régression, de somatisation et de projection. Le patient bloqué, désorganisé, fixé à son traumatisme, régresse vers une attitude de dépendance passive et infantile souvent mêlée de revendications.
Il recherche la sécurité et des gratifications affectives tant par le personnel médical que par la famille. Il exige une réparation du préjudice subi. Il veut être pris au sérieux et demande de
l'estime pour pouvoir se revaloriser à ses propres yeux. Il exige d'être réhabilité professionnellement et socialement.
Le traumatisme vécu est le centre de son existence.
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