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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 18:33

A travers le rejet du corps et de ses besoins c'est l'incapacité d'intégrer les transformations physiques et affectives de la puberté et le refus de la sexualité génitale qui s'expriment chez la jeune fille anorexique mentale. Ascétisme et intellectualisation sont poussés à l'extrême. Le corps mince souhaité, fantasmé, a une connotation phallique constamment refoulée. Le corps réel est vécu comme insatisfaisant et n'est pas vu dans son apparence réelle. L'anorexique n'est plus objective dès qu'il s'agit de son corps. Elle dénie sa maigreur. Même cachectique elle se trouve trop grosse. Elle ignore le risque vital.
En luttant contre la faim, en faisant échec à ses pulsions, l'anorexique éprouve un sentiment de puissance, domination sur soi-même et manipulation de ses proches dont elle répudie les intérêts qu'elle juge matériels et grossiers. Elle en tire une satisfaction intense, jouissance perverse et auto-érotisme destructeur qui sera un obstacle majeur au traitement.
Il y a chez la jeune fille anorexique mentale une image maternelle omnipotente et asexuée. C'est la réactivation de l'angoisse de castration à l'adolescence qui entraîne le retrait des investissements objectaux et le retour à des positions archaïques où tout est vécu en termes de dépendance ou de non-dépendance au sein d'une inflation narcissique mégalomaniaque. C'est un mouvement régressif massif. Etre capable de refuser de se nourrir c'est être autonome et s'assurer que l'on peut fonctionner sans aide extérieure. A travers la conduite anorexique l'entourage est constamment contrôlé et défié. En particulier la mère.
Le clivage du Moi permet le maintien de la réalité extérieure, il n'y a pas délire.

 

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