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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 18:58

Présente dans la psychose maniaco-dépressive, la mélancolie est un accès dépressif très intense. C'est un état de dépression profonde où le risque de suicide est grand. Le mélancolique ressent une profonde douleur morale avec insomnie, anorexie, inhibition psychique et psychomotrice avec ralentissement et aboulie.

Son début est en général rapide et précédé, ou accompagné, de troubles du sommeil. L'amélioration du sommeil est contemporaine de la guérison. Il peut exister des facteurs déclenchants comme le deuil, un échec, une séparation, ou des évènements heureux comme un succès, mais ce n'est pas une donnée constante.

L'accès mélancolique se constitue progressivement. L'insomnie et la fatigue s'installent rapidement. Puis vient la difficulté croissante à s'intéresser à quelque chose, les sentiment de dépréciation, les ruminations sur l'avenir, etc... La tristesse est bien plus importante que dans une simple dépression. Tout est porté à l'extrême. La douleur morale est lancinante, intolérable et le malade ne peut y échapper. Le sentiment d'irrémédiabilité est très fort.
L'aménorrhée est presque toujours présente.
Le visage devient terreux et vieilli. Le malade est prostré. Il lui est pénible de faire quelque chose. Il est capable de rester assis et immobile pendant des heures. Il parle peu et sur un ton monocorde. Mais il peut aussi minimiser ou cacher ses troubles (dépression souriante). Sa capacité de réflexion est lente et appauvrie. Il est peu (ou pas) capable de se concentrer. Il est dans sa douleur psychique, en-dehors du monde.
Le mélancolique est toujours indécis avec un sentiment d'impuissance. Même les soins corporels et l'habillement sont négligés. Il a du mal à s'émouvoir (anesthésie affective), ses sentiments sont éteints. Il n'a plus goût à la vie. Sa tristesse, son ennui, ses regrets et son désespoir ne le quittent pas. Rien ne peut le réconforter. Il est extrêmement las. Il s'accuse facilement. Essayer de le distraire ne fait qu'augmenter son sentiment d'incapacité et il s'en déprécie d'autant.
Il ne se voit pas d'avenir. Il est sûr d'être incurable. Il ne s'alimente pas.
15% des mélancoliques se suicident. Au cours d'un raptus impulsif, la réalisation du suicide est brutale (défenestration, noyade). Attention : le risque est plus élevé encore lorsque la surveillance se relâche au moment de la levée de l'inhibition qui précède la disparition de la douleur morale. Son suicide, lui, il le prépare depuis longtemps. Son sourire retrouvé peut vouloir dire "je suis content, tout est prêt, je vais enfin partir". Le mélancolique ne veut pas se rater, il recherche le moyen le plus sûr et parfois il emmène avec lui ses enfants pour les protéger.

La symptomatologie dépressive empire le matin et s'améliore le soir.

La guérison demande plusieurs mois voire plusieurs années.

 

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Voir les 6 commentaires - Communauté : Médecine - Publié dans : Psychiatrie
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