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Dimanche 26 juin 2005 7 26 /06 /Juin /2005 00:00

 

Mon nom

Lynda Lemay

Si vous me demandez mon nom

Je vais vous donner mon adresse

Puis si vous me demandez l'heure

Je vais vous raconter ma vie

Sans retenue et sans pudeur

Comme si vous étiez mon ami

Si vous me demandez mon nom

J'veux bien vous donner mon corps

Et si vous en voulez encore

Je recommencerai pour vous

Sans retenue et sans remords

Comme si vous étiez mon mari

Si vous me demandez mon nom

Je vais vous parler de mon père

Qui était toujours à la maison

À la même heure après le travail

J'vous raconterai des feux qui ne sont pas de paille

Qui brûlent encore longtemps après les fiançailles

J'vous raconterai la vie que je voudrais connaître

Une main dans la vôtre, peut-être

Si vous me demandez mon nom

Je vais me confondre en franchise

Si vous me demandez mon âge

Alors j'vais me mettre à pleurer

M'élancer de tout mon visage

Dans un coin de votre chemise

Si vous demandez la main 

Je vais vous accorder mon âme

Mes demains, mes surlendemains

Mes insécurités de femme

Tout cet amour tellement lourd

Que vous l'porterez comme un blâme

Si vous me demandez mon nom

Faites gaffe à la suite des choses

Je vais m'offrir au grand complet

Et sûrement pas à petites doses

Je serai la plus vraie et la plus vulnérable

J'vous dirai mes secrets les plus inavouables

Ces pactes que j'ai faits avec toutes sortes de diables

Si vous me demandez mon nom

Je vais vous montrer mes blessures

Chaque trace de chaque déception

Chaque marque de chaque aventure

J'vous raconterai des feux qui ont été de paille

Accrochée à vos cheveux et à votre chandail

J'vous raconterai la mort que je voudrais connaître

Une main dans la vôtre peut-être……….

Avec le temps

Léo Ferré

Avec le temps...

Aavec le temps, va, tout s'en va

On oublie le visage et l'on oublie la voix

le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller

chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

avec le temps..

avec le temps, va, tout s'en va

l'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie

l'autre qu'on devinait au détour d'un regard

entre les mots, entre les lignes et sous le fard

d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit

Avec le temps tout s'évanouit

avec le temps...

avec le temps, va, tout s'en va

Même les plus chouettes souvenirs ça taille une de ces gueules

à la galerie j'farfouille dans les rayons de la mort

le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule

Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va

l'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien

l'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux 

pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous

devant quoi l'on se 'traînait comme traînent les chiens

avec le temps, va, tout va bien

avec le temps..

avec le temps, va, tout s'en va

on oublie les passions et l'on oublie les voix

qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens

ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va

et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu

et l'on se sent glacé dans un lit de hasard

et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard

et l'on se sent floué par les années perdues- alors vraiment

Avec le temps on n'aime plus

Je cherche un homme de 50 ans

Lynda Lemay

Je cherche un homme de 50 ans, qu'a tout rêvé, qu'a tout perdu,

Qui s'en est juste assez voulu, pour savoir ce qu'il veut vraiment,

Je cherche un homme de 50 ans, qu'a déjà juste assez d'argent,

Mais que l'argent n'éblouit plus

Je cherche un homme de 50 ans, qu'a déjà plu, déjà déçu,

Qui a fait juste assez d'enfants, pour être juste assez ému

Je cherche un homme qu' a survécu, qu'a déjà tout fumé tout bu

Qu';a tout connu des femmes nues, un homme qui ne cherche plus

Je cherche un homme de 50 ans, qui sait ce qu'il n'a pas à offrir,

Qui a plus de passé que d'avenir, et qui enfin prend tout son temps,

Je cherche un homme de 50 ans, qu' est déjà préparé au pire,

Qui sait ce que le temps peut pas guérir, qu'a déjà vu trop d'enterrements.

Je cherche un homme de 50 ans, que la vérité ne fait plus fuir,

Qu'a le courage de ne pas mentir, sur ses foutus de sentiments,

Oh oui un homme de 50 ans, qui ne se prend plus au sérieux,

Mais qui m'aimerait silencieusement, et qui le ferait de son mieux.

Je cherche un homme pas trop solide, parce que personne ne l'est vraiment,

Un qui aurait juste assez de rides, et presque plus de secrets,

Je cherche un homme comme y'en a plein, mais je les croise jamais,

Un homme de 50 balais, peut-être plus, peut-être moins,

Bien entendu un pas parfait, mais enfin un qui serait le mien,

Peut-être pas pour toute la vie, mais pour quelques moments si vrais,

Q'au moins j'aurai pas le coeur détruit chaque fois que je m'en souviendrai

Mistral gagnant

Renaud

A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi

Et regarder les gens tant qu'y en a

Te parler du bon temps qu'est mort ou qui r'viendra

En serrant dans ma main tes p'tits doigts

Pis donner à bouffer à des pigeons idiots

Leur filer des coups d' pieds pour de faux

Et entendre ton rire qui lézarde les murs

Qui sait surtout guérir mes blessures

Te raconter un peu comment j'étais mino

Les bonbecs fabuleux qu'on piquait chez l' marchand

Car-en-sac et Minto, caramel à un franc

Et les mistrals gagnants

A r'marcher sous la pluie cinq minutes avec toi

Et regarder la vie tant qu'y en a

Te raconter la Terre en te bouffant des yeux

Te parler de ta mère un p'tit peu

Et sauter dans les flaques pour la faire râler

Bousiller nos godasses et s' marrer

Et entendre ton rire comme on entend la mer

S'arrêter, r'partir en arrière

Te raconter surtout les carambars d'antan et les cocos bohères

Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres

Et nous niquaient les dents

Et les mistrals gagnants 

A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi

Et regarder le soleil qui s'en va

Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fous

Te dire que les méchants c'est pas nous

Que si moi je suis barge, ce n'est que de tes yeux

Car ils ont l'avantage d'être deux

Et entendre ton rire s'envoler aussi haut

Que s'envolent les cris des oiseaux

Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie

Et l'aimer même si le temps est assassin

Et emporte avec lui les rires des enfants

Et les mistrals gagnants

Et les mistrals gagnants

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