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Mardi 16 août 2005 2 16 /08 /Août /2005 00:00

 

Oedipe enfant, rappelé à la vie par le berger Phorbas qui l'a détaché de l'arbre

Musée du Louvre

Le carrefour, croisée des chemins est comme un centre du monde pour celui qui s'y trouve placé. C'est un lieu épiphanique (apparitions et révélations). Ils sont hantés par des génies, en général malfaisants que l'homme doit se concilier. Dans toutes les traditions des obélisques, autels, pierres, chapelles, inscriptions, calvaires ont été érigés. Le carrefour est le lieu qui provoque l'arrêt et la réflexion. Le carrefour, c'est l'arrivée devant l'inconnu, donc l'inquiètude. Une orientation nouvelle est à prendre. C'est aussi l'endroit privilégié des embuscades. C'est l'endroit où l'on trouve les autres. Il exige attention et vigilance. Au carrefour de l'aventure humaine, on ne retrouve jamais que soi. De nouvelles routes, de nouvelles épreuves s'ouvrent. Ce n'est pas une fin mais une invitation à aller au-delà. C'est aussi le lieu de l'espèrance : le carrefour ouvre une nouvelle chance de choisir la bonne voie.

C'est à un carrefour qu'Oedipe rencontre, tue son père et que sa tragédie commence.

Dans les Andes péruviennes on y a édifié des pyramides où des pierres votives y sont déposées rituellement par les voyageurs. On trouve à peu près la même chose en Sibérie.

Pour les aztèques, aux carrefours, au crépuscule, sont censées apparaître des femmes mortes en couches devenues de dangereux génies qui effraient, frappent d'épilepsie ou de paralysie ceux qu'elles rencontrent.

En Afrique, le carrefour est une chose sacrée. Quand des pasteurs peuls se rencontrent dans une clairière, à la croisée des chemins, ils la baptisent "carrefour de la rencontre ou de la résidence" et le lieu devient sacré à la suite d'un rite précis. Le maître de la route, l'initié, entre en rapport avec les esprits de l'endroit, par rêve ou par le moyen de plantes spécifiques, et selon la densité occulte du lieu, ce dernier deviendra campement ou carrefour de rencontre durant plusieurs jours. On y sacrifiera des animaux et on y interprètera les cris et les mouvements des oiseaux (en particulier de la tourterelle, messagère des dieux au coeur sans agressivité).

Les romains venaient aux carrefours déposer des offrandes pour se concilier les Lares (dieux du foyer) et s'assurer la protection de leur foyer. On y trouvait des autels et des bancs autour pour la méditation et le repos.

Bien entendu, dans toute l'Europe, c'est aux carrefours (ou au sommet des monts maudits) que diables et sorciers célèbrent leurs sabbats.

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