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Le meilleur usage que l'on puisse faire de la parole est de se taire
Tchouang-Tseu
En 1715 la France est l'état le plus puissant du continent. Il compte 18 ou 19 millions d'habitants, c'est le pays le plus peuplé. Mais sa situation financière se portait très mal. Une importante partie des emprunts ruineux était remboursable sur du court terme, le déficit était constant, les recettes avalées d'avance pour plusieurs années. Les poursuites contre les banquiers, la réduction des rentes et le visa des billets étaient insuffisants. La France était au bord de la banqueroute. Alors le régent, Philippe d'Orléans (Louis XV n'avait alors que 5 ans), neveu de Louis XIV, accepta les proposition de l'écossais John Law.
Law voulait créer une banque qui émet du papier-monnaie remboursable en espèces afin d'augmenter les moyens de paiement et de faciliter le commerce. Cette banque devait accepter les billets d'Etat et allèger de cette façon la dette publique. Il eut l'autorisation d'ouvrir une banque privée en 1716. Ce fut un grand succès. En 1718 elle devint banque d'Etat, Law fut nommé Contrôleur général.
John Law voulait aussi relancer le commerce maritime. En 1717 il fonda la Compagnie des Indes, puis se fit attribuer le monopole des tabacs, de la fabrication des monnaies, et la Ferme générale. Pour chaque fondation il émettait des actions qu'on ne pouvait avoir qu'en ayant un certains nombres d'anciennes actions. Les transactions se faisaient rue Quincampoix. Il y eut autant de scènes tragiques que burlesques. Les actions montèrent jusqu'à 40 fois leur valeur initiale.
Fin 1719 Law annonça les bénéfices réalisés mais les dividendes distribués ne représentaient qu'un tout petit intérêt pour ceux qui avaient acheté leurs actions à très haut prix. Ils prirent peur. Le duc de Bourbon et le prince de Conti se firent rembourser en numéraire leurs actions et leurs billets. Sous l'emprise de l'affolement et les ennemis de Law aidant, la spéculation s'inversa et il fallut fermer la banque : les remboursements avaient épuisé les fonds. Ruiné, Law fut obligé de s'enfuir en 1720.
Pour l'état se fut une nouvelle banqueroute. Les français se mirent à prendre en horreur le papier-monnaie et le crédit. L'essor économique en fut retardé. Le moral redescendit. Malgré tout John Law avait fait disparaître une importante partie de la dette publique et avait permis le développement du commerce maritime, contribuant ainsi à la prospérité du 18ème siècle.
John Law
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