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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 19:31

Petit à petit la France adopte les influences italiennes et abandonne ses anciennes traditions. Cette influence commença au milieu du 15ème siècle et se trouva précipitée par les guerres d'Italie. Les rois et les seigneurs ramenèrent de là-bas beaucoup d'oeuvres d'art et firent venir des artistes italiens pour travailler en France.

Au 15ème siècle on était dans le gothique flamboyant. Longtemps il resta dans l'architecture religieuse. Mais bien que gardant le même système de construction (croisée d'ogives, contreforts et arcs-boutants) les églises furent peu à peu décorées à la façon italienne. C'est-à-dire : arc brisé, nervures contournées, feuillages déchiquetés remplacèrent le plein cintre, les pilastres à l'antique et les chapiteaux à feuilles d'acanthe.

On vit les châteaux évoluer plus rapidement. Les grosses tours du moyen-âge, les créneaux, les toits fortement pentus furent gardés mais on ouvrit de larges fenêtres ornées et symétriques dans les murailles. Les 2 styles furent ensuite combinés : on conserva les toits inclinés du gothique, les lucarnes et les cheminées hautes, tout en copiant l'Italie avec les galeries à piliers, la décoration des pilastres et les arabesques. Ce qui donna une allure somptueuse aux bâtiments. Voir les châteaux de la Loire.

On retrouve ce mélange de gothique et d'italien dans la sculpture. Le plus illustre des sculpteurs français de l'époque, Michel Colombe, fit le superbe tombeau de François II de Bretagne visible à la Cathédrale de Nantes.

Le tombeau de François II de Bretagne

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Voir les 6 commentaires - Communauté : Culture en vrac - Publié dans : Histoire de France
Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 13:36

Subit que M. de Guise vit l'artillerie assise et braquée pour faire brèche, fit abattre les maisons les plus proches pour remparer, et les poutres et solives étaient arrangées bout à bout, et entre-dux, des fascines, de la terre, des lits (couches), et balles de laine, puis on remetait encore par dessus autres poutres et solives comme dessous... Tout le monde était empêché (occupé), à porter la terre pour la remparer jour et nuit. Messieurs les princes, seigneurs et capitaines, lieutenants, enseignes, portaient tous la botte pour donner exemple aux soldats et citoyens à faire le semblable; ce qu'ils faisaient, voire jusques aux dames et demoiselles, et ceux qui n'avaient des hottes s'aidaient de chaudrons, paniers, sacs, linceuls (draps), et tout ce qu'ils pouvaient pour porter la terre en sorte que l'ennemi n'avait point sitôt abattu la muraille qu'il ne trouvât derrière un rempart plus fort...

L'empereur disait qu'il ne partirait jamais de devant la ville qu'il ne la prit de force ou par famine quand il devrait perdre toute son armée...

L'empereur ayant entendu notre dernière résolution (celle d'ensevelir avec l'ennemi sous les ruines de la ville) et voyant le peu qu'il avait avancé pour sa batterie, sapes et mines, et la grand'peste qui était dans son camp, et l'indisposition du temps, et la nécessité de vivres et d'argent, et que ses soldats se débandaient et par grandes troupes s'en allaient, conclut enfin se retirer, accompagné de la cavalerie de son avant-garde, avec la plus grande partie de son artillerie et de la bataille (corps de bataille).

...Toutefois ne s'en allèrent pas tous, il s'en fallut de près de vingt mille, qui étaient morts tant par l'artillerie et coups de main que la peste, du froid et de la faim, et aussi moururent grand nombre de leurs chevaux, desquels ils avaient mangé la plus grande part, en lieu de boeuf et de lard. On alla où ils avaient campé où l'on trouva plusieurs corps morts non encore enterrés et la terre toute labourée comme l'on voit le cimetière St Innocent durant quelque grande mortalité. En leurs tentes, pavillons et loges, y avaient laissé pareillement plusieurs malades... Mondit seigneur de Guise fit enterrer les morts et traiter leurs malades... et me commanda et aux autres chirurgiens de les aller panser et médicamenter : ce que nous faisions de bonne volonté.

Ambroise Paré

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Voir les 3 commentaires - Communauté : Culture en vrac - Publié dans : Histoire de France
Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:35

Les petits états italiens avaient fait intervenir dans leurs querelles les grands pays voisins, ce qui eut pour conséquences une série de guerres qui ravagèrent la péninsule. Sous Charles VIII et Louis XII la France avait conquis puis ensuite perdu le royaume de Naples et le Milanais. Mais la bataille bien connue de Marignan en 1515 avait permis de réoccuper le Milanais. Le royaume de Naples, lui, restait espagnol.

Derrière les guerres d'Italie un nouveau conflit dont l'enjeu est bien plus important vient ensanglanter l'Europe. L'existence de la France est mise en péril par le puissant Charles Quint (Charles de Habsbourg). François 1er a 24 ans en 1519. Il se dispute la primauté de l'Europe avec Charles de Habsbourg qui a, lui, 19 ans. Ce dernier est fils de Philippe le Beau, héritier de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne, fille du Téméraire. Sa mère, Jeanne la folle, est fille des rois catholiques. Charles possède donc l'Autriche, l'Alsace, la Franche-comté, les Pays bas, l'Espagne, Naples, la Sicile, et une partie de l'Allemagne du sud. Toutefois, il abandonna ses domaines autrichiens à son frère cadet, Ferdinand. L'ambitieux Charles Quint convoitait la Bourgogne prise par Louis XI à sa grand-mère. Bien que François 1er ait un peuple tout dévoué et d'importantes ressources, il dut sans cesse négocier et manquera souvent d'argent, se trouvant par le fait sous la dépendance des banquiers.

A la mort de Maximilien en 1519 les 2 princes convoitent la couronne impériale. Le vainqueur obtiendra l'autorité suprême. Ils cherchent l'appui du roi d'Angleterre, c'est Charles Quint qui l'emportera, tout comme le soutien de l'Allemagne. Il assiège Mézières défendue par Bayard qui sera tué et le Milanais perdu. François 1er réussit à le reconquérir mais il est fait prisonnier devant Pavie et sera captif un an durant à Madrid. La liberté lui est rendue après la signature du traité de janvier 1526 où il renonce à toute possession en Italie, à la suzeraineté sur la Flandre et l'Artois, et il promet de restituer la Bourgogne à Charles Quint. Cette promesse ne sera pas tenue, les français s'y refusent. Et la guerre recommence.

La guerre prendra fin à Cateau-Cambrésis en 1559, les 2 adversaires étant las de ce conflit sans fin avec de grosses difficultés financières. La France restitue les possessions du duc de Savoie, sauf 5 forteresses de façon provisoire, garde Calais pendant 8 ans pouvant ensuite l'acheter. La France renonce à l'Italie dominée par les espagnols.

Pour sceller cette paix Philippe II épouse Elisabeth de France, fille de Henri II, et le duc de Savoie la fille de François 1er, Marguerite. C'est pendant ces noces qu'Henri II perdit la vie lors d'un accident de tournoi.

Charles Quint

 

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Voir les 6 commentaires - Communauté : Culture en vrac - Publié dans : Histoire de France
Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 13:50

Journal d'un bourgeois de Paris, extrait :

En 1420, sur les fumiers de Paris, vous auriez pu trouver ici dix, ici vingt ou trente enfants, garçons et filles, qui mouraient de faim ou de froid, et il n'était si dur coeur qui, en les entendant crier, la nuit : "hélas! Je meurs de faim", n'en ait eu grande pitié. Et on ne pouvait les aider, car on n'avait ni pain, ni blé, ni bûches, ni charbon. On vit de pauvres gens disputer les ordures aux porcs qui traînaient dans les rues. On mangea du pain de noix, des trognons de choux, des herbes des champs, sans pain et sans sel.

 

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Voir les 4 commentaires - Communauté : Culture en vrac - Publié dans : Histoire de France
Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 15:15

Après les épreuves que les français ont subies en commun une solidarité nouvelle les unit. En 1453 la France n'est plus un état féodal.

La guerre de 100 ans a dévasté la France entière. Même la noblesse est ruinée et endettée. Les nobles se trouvent souvent obligés de vendre leurs terres et leurs châteaux. Mais la bourgeoisie, elle, s'est enrichie. Parce que le commerce n'a jamais vraiment cessé. Certains commerçants, comme Jacques Coeur, ont fait fortune. Ce qui fait que son influence dans les conseils du roi ne fait que grandir.

La levée régulière de l'impôt et la création des compagnies d'ordonnance constituant une armée permanente, ainsi que le développement d'une artillerie puissante, affermirent l'autorité de Charles VII. Le roi put ainsi mettre un terme aux révoltes seigneuriales que l'on a vu survenir à plusieurs reprises.

Une lourde menace toutefois subsistait car Philippe le bon (la maison de Bourgogne) possédait la Bourgogne, la Franche-Comté, le comté de Nevers, tous les Pays bas de la Somme au Zuyderzée. Le grand Duc d'Occident qui a créé la Toison d'Or, ordre de chevalerie, vit au milieu du plus grand luxe et se trouve plus puissant qu'un roi. Son fils, Charles le téméraire, rêve de constituer un grand état en occupant l'Alsace et la Lorraine. C'est le successeur de Charles VII, Louis XI qui s'y trouva confronté et s'en sortit en occupant finalement la Bourgogne, l'Artois et la Picardie. Le mariage de Marie de Bourgogne (héritière de Charles le téméraire) avec Maximilien d'Autriche empêcha d'autres conquêtes.

Louis XI avait obtenu le Rousillon du roi d'Aragon et reçut en héritage du roi René l'Anjou, le Maine et la Provence. A sa mort en 1483, le domaine était agrandi et le pouvoir royal solidement établi.

Jacques Coeur

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