Vendredi 24 mai 2013
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A l'origine, les casques des légionnaires romains étaient munis d'une bande de cuir qui protégeait les joues de chaque
côté. On les appelait buccula (petite joue) de bucca (joue). Par la suite ce mot désignera toute attache munie de boucle. Certains écus étaient munis de boules. Ce sont les écus bouclés (escu
bocler en vieux français) que l'on nomma ensuite boucliers. Bouclier devient plus tard synonyme d'écu.
Par extension le bouclier c'est le rempart (faire un bouclier de son corps, un bouclier humain). Au sens figuré c'est la
protection (prendre le bouclier de la foi). Par analogie le bouclier est aussi une plaque de bloindage, divers étais, un bouclier thermique en énergie nucléaire, etc...
Un bouclier signifie aussi la carapace des crustacés et l'élytre de certains insectes. En géologie c'est une plate-forme
étendue de roches primitives (le bouclier canadien).
Reste la levée de boucliers : manifestation collective de protestation, d'opposition, en évocation de la manière dont les
légionnaires romains exprimaient leur résistance à certains ordres.
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Publié dans : La langue française
Jeudi 9 mai 2013
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Les grecs se croyaient le premier peuple du monde et désignaient sous le terme "barbaros" tous ceux qui ne parlaient pas
leur langue ou qui la parlaient moins bien qu'eux. Les romains firent de même, toute personne n'étant ni romaine ni grecque, surtout issue des peuples germaniques, était appelée "barbarus". Les
peuples germaniques justement, dont les plus célèbres sont les huns, se sont infiltrés petit à petit dans l'empire romain à partir du second siècle, puis il déferlèrent aux 4ème et
5ème siècles. Les grandes invasions barbares furent à l'origine des royaumes barbares qui s'élevèrent sur les ruines de l'empire. C'est le royaume burgonde (Suisse), wisigoth
(sud-ouest de la France et Espagne), lombard (Italie), franc (nord de la France) et saxon (Angleterre).
De nos jours le mot barbare s'emploie pour désigner ce qui est grossier, inculte, non civilisé.
Commettre un barbarisme : employer un mot qui n'existe pas ou utiliser un terme dans un sens incorrect. Ne pas confondre
avec le solécisme qui est qui est l'emploi fautif dans un cas donné d'une forme par ailleurs correcte.
Exemple de barbarisme : "ils croyent" au lieu de "ils croient".
Exemple de solécisme : "si je serais" au lieu de "si j'étais".
Lionel Asselineau
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Publié dans : La langue française
Mercredi 3 avril 2013
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Le baratin, mot populaire, n'a pas une origine bien définie mais il nous vient de la Méditerranée. Il découle de l'ancien
français "barater" qui signifie "tromper".
Au 18ème siècle une baraterie était une tromperie. Ce terme est employé en droit maritime. Aujourd'hui encore il
désigne une faute commise par le capitaine ou l'armateur d'un navire dans l'exercice de ses fonctions.
Dans l'ancien argot des truands le baratin était le paquet de substitution, et qui ne valait rien, que l'on substituait au
colis précieux. Au début du 20ème le baratin est dans le langage des mauvais garçons pour désigner le portefeuille vide passé par le voleur à son complice à la place du portefeuille
plein qu'il venait de voler.
C'est dans les années 50 qu'il prit son sens actuel. Il qualifie un discours volubile et creux destiné à abuser un
interlocuteur naïf en le noyant sous un flot de paroles (merveilles et secrets de la langue française). Ce fut un titre d'opérette que l'on joua très longtemps sur la scène de
l'Européen.
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Lundi 11 mars 2013
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Publier les bans, comme chacun sait, c'est afficher pendant 10 jours l'annonce d'un mariage. C'est un mot d'origine
germanique venant de "bannan" (proclamer). Ce terme servait à désigner l'ordre ou la règle proclamée publiquement et qu'il fallait observer sous peine de représailles. L'endroit où l'on
publiait les bans avait force de loi et était nommé "banlieue", c'est-à-dire à une lieue autour de la zone soumise au ban. La punition pour non observance du ban était infligée par le seigneur
qui le décrétait. Lorsqu'un seigneur décrétait par un ban que le four et le moulin étaient d'usage commun à tous les habitants d'un village, four et moulin étaient dits "banaux".
Les punitions allaient de l'amende, à l'exil ou au bannissement. Le condamné qui revenait sur le territoire interdit était
déclairé en rupture de ban. De nos jours "en rupture de ban" se dit d'une personne qui a rompu avec son milieu. Après la disparition du régime féodal l'adjectif "banal" devient synonyme de
"communal" jusqu'au 19ème siècle. Par la suite son sens est passé de "qui est utilisé par tous" à "sans originalité". Banaliser c'est rendre commun.
Il est banal, ils sont banals. Mais on trouve encore parfois un
pluriel en aux.
Convoquer le ban et l'arrière-ban, pour un suzerain, c'était réunir ses vassaux. Au 19ème, cette expression est remise au
goût du jour et signifie "s'adresser à tous ceux dont on espère de l'aide". On emploie encore l'expression "mettre au ban" mais le sens s'est élargi, c'est exclure d'un groupe, mette à l'écart,
déclarer indigne. On ouvre ou on ferme le ban dans les cérémonies militaires : le ban est ici une proclamation précédée ou suivie d'un roulement de tambour ou d'une sonnerie de clairon. Le sens
du ban s'est encore étendu en devenant "les applaudissement rythmés en l'honneur de quelqu'un".
José Parra
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Publié dans : La langue française
Jeudi 21 février 2013
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Pour les romains, grands spécialistes de l'eau, le balneum était le bain, la salle de bains et les balnea les bains
publics.
Pour commencer les bains désignaient le lieu où l'on se baigne dans la maison. A la fin du 19ème siècle apparaît
le terme "salle de bains" avec l'habitude de l'hygiène domestique. Le mot bain est aussi utilisé pour un établissement public conçu pour le bain, puis ensuite l'endroit des cures thermales (Aix
les bains, Enghien les bains, etc...).
De nos jours le mot bain signifie immersion du corps ou d'une partie du corps et il désigne aussi la substance dans
laquelle on se plonge. On prend un bain, mais on fait aussi des bains de pieds, des bains de boue, etc...
Le terme bain est repris pour le bain de foule. Le bain de soleil remonte à la fin du 19ème, il désigne
l'exposition à un élément naturel. Au 20ème siècle "être dans le bain" signifiait "se trouver dans une situation embarrassante" parce qu'en argot le bain voulait dire "le banc des
accusés. Le sens est gardé lorsque l'on dit qu'on est tous dans le même bain, alors qu'"être dans le bain" signifie maintenant "être dans le coup".
L'expression "envoyer quelqu'un au bain" c'est le chasser sans façon en lui faisant comprendre qu'il dérange.
"Jeter le bébé avec l'eau du bain" traduit d'une expression anglaise, veut dire que l'on se débarrase de l'essentiel alors
que l'on veut éliminer l'accessoire.
L'expression "au bain marie" qui est une méthode de cuisson bien connue existe dès le 14ème siècle sous la forme
"balneum Mariae". C'est originellement une méthode de réchauffement pratiquée par les alchimistes que
l'on nomme ainsi en hommage à l'alchimiste Marie la juive, soeur de Moïse et prophétesse.
Autrefois prendre un bain de pieds était utilisé pour un condamné envoyé à Cayenne. Le mot bagne est emprunté, au
16ème siècle, à l'italien bagno (bain). La forteresse avait été édifiée sur un ancien établissement de bains et ses cachots étaient très humides.
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