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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 12:12

J'écris

 

Une table en bois blanc,
Une pomme et un couteau ;
À travers le carreau,
Un grand champ de froment.

Tu te tournes à droite,
Le bonheur est à droite ;
Tu te tournes à gauche,
Le bonheur est à gauche.

Inutile, je crois,
De demander pourquoi.
Pas plus que toi, l'horloge
Que le temps interroge
N'élève ici la voix.

 

Maurice Carême

 

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Voir les 1 commentaires - Communauté : Les beaux mots - Publié dans : Poésie, écritures
Mercredi 18 juin 2014 3 18 /06 /Juin /2014 13:36

J'écris

 

Fallait-il être fou!
J'écrivais sur un banc
Des lettres au coucou.

A vingt ans, le bel âge!
Les hommes sont naïfs,
Je gravais dans les arbres
Des prénoms au canif.

A trente, émerveillé
De me croire poète,
Je couvrais mes cahiers
De strophes imparfaites.

A quarante, déjà,
Je me pris par la main.
Je voudrais être moi;
Je me cherchais en vain.

A cinquante, c'est Dieu
Qui vint me tourmenter
J'ai alors essayé
De faire ce qu'Il veut.

A soixante, le doute
Me reprit la gorge.
J'œuvrais comme l'on forge
Le fer que l'on redoute.

Maintenant, assagi,
Humblement, comme on prie,
J'écris sur les genoux
Ce que le cœur me dit.

 

Maurice Carême

 

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Voir les 2 commentaires - Communauté : Les beaux mots - Publié dans : Poésie, écritures
Dimanche 8 juin 2014 7 08 /06 /Juin /2014 14:07

Au creux de l'ombre

 

Pour épargner l'huile et la mèche,
On n'allumait jamais la lampe
Avant que le soir, bien à l'aise
Se fût installé dans la chambre.

Le buffet était le premier
A entrer sans façon dans l'ombre
Qui allait faire ressembler
La cuisine à un autre monde.

Puis c’était la table où les bols
De lait mettaient une pâleur
Etrange et pleine de douceur
Où semblaient passer des lucioles ;

Par les fentes de son couvercle,
Le poêle, comme un magicien,
Faisait naître partout des cercles
Scintillants et mourant sans fin.

De ma mère, je ne voyais
Plus que les mains continuant
Malgré l'obscurité croissant
A faire ce qu'elle devait.

Et, tranquille, je restais là
Si bien caché au creux de l'ombre
Que l'on aurait pu me confondre
Avec tout ce qui était là.

 

Maurice Carême

 

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Dimanche 1 juin 2014 7 01 /06 /Juin /2014 08:00

Il arrivait parfois

 

Il arrivait parfois que ma mère,
Après avoir coupé le pain
Et mis sur la table les verres
Sa cachât les yeux dans les mains.

D’abord, nous ne remarquions rien,
Mais brusquement, entre les doigts,
Une larme coulait à terre,
Et nous nous regardions, pantois.

Personne n’osait parler.
Et, surprise par le silence
Que semblait répandre la lampe,
Ma mère, comme réveillée

D’un étrange songe intérieur,
Baissait les mains et, souriant
De nous voir émus, balbutiait :
« Oh ! Ce n’est rien », sans que jamais
Nous n’ayons su si c’était vrai.

 

Maurice Carême

 

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Voir les 5 commentaires - Communauté : Les beaux mots - Publié dans : Poésie, écritures
Dimanche 25 mai 2014 7 25 /05 /Mai /2014 10:04

Va mon âme

 

Va, mon âme, prends ta chandelle.
Tu la rencontreras, ma mère,
Marchant, humble comme naguère,
Dans l’avenue des Acacias.
Toi qui vois ce que nul ne voit,
Mon âme, tu me conteras
D'où elle vient, où elle va,
Et si son sourire est toujours
Celui-là qu’elle avait pour moi
Quand je lui parlais à mi-voix
Du bol de lait qui, sur la table,
Me faisait trouver ineffable
L’image même du destin
Inscrit aux lignes de mes mains.

 

Maurice Carême

Pour celles et ceux qui n'ont plus leur maman. Que Dieu me garde encore la mienne longtemps!

Gifs et images pour la fête des mères

 

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