L'autre côté du miroir
A travers le rejet du corps et de ses besoins c'est l'incapacité d'intégrer les transformations physiques et affectives de la puberté
et le refus de la sexualité génitale qui s'expriment chez la jeune fille anorexique mentale.
Ascétisme et intellectualisation sont poussés à l'extrême. Le corps mince souhaité, fantasmé, a une
connotation phallique constamment refoulée. Le corps réel est vécu comme insatisfaisant et n'est pas
vu dans son apparence réelle. L'anorexique n'est plus objective dès qu'il s'agit de son corps. Elle dénie sa maigreur. Même cachectique elle se trouve trop grosse. Elle ignore le risque vital.
En luttant contre la faim, en faisant échec à ses pulsions, l'anorexique éprouve un sentiment de
puissance, domination sur soi-même et manipulation de ses proches dont elle répudie les intérêts qu'elle juge matériels et grossiers. Elle en tire une satisfaction intense, jouissance perverse et auto-érotisme destructeur qui sera un obstacle majeur au traitement.
Il y a chez la jeune fille anorexique mentale une image maternelle omnipotente et asexuée. C'est la réactivation de l'angoisse de castration à l'adolescence qui entraîne le retrait des investissements objectaux et le retour à des positions archaïques où tout est vécu en termes de dépendance ou de non-dépendance au sein d'une inflation narcissique mégalomaniaque. C'est un mouvement régressif massif. Etre capable de
refuser de se nourrir c'est être autonome et s'assurer que l'on peut fonctionner sans aide extérieure. A travers la conduite anorexique l'entourage est constamment contrôlé et défié. En
particulier la mère.
Le clivage du Moi permet le maintien de la réalité extérieure, il n'y a pas délire.
C'est sure que quand on voit les filles qui font la une des magasines... elles n'ont pas 1 seul kilo de trop !
@+
- le 16/02/2009 à 13h00
aamitiés
bisous
cerisette