L'autre côté du miroir

La psychose hallucinatoire chronique apparaît chez l'homme autour de 30-40 ans et chez la femme en période ménopausique. En général la personnalité prémorbide est marquée par une sensitivité importante et une réactivité exagérée aux conflits inter-personnels. On remarque souvent un isolement social choisi ou non. Dans la psychose hallucinatoire chronique le délire va s'édifier à partir d'hallucinations. Elle est caractérisée par la très grande abondance des hallucinations de tous types et par la construction d'un délire assez systèmatisé.

Le début de la psychose hallucinatoire chronique peut être brutal. Elle survient avec des hallucinations auditives tantôt verbales, tantôt non verbales : des craquements de plancher, des coups dans la porte, des pas, et surtout des voix très localisées. Ces voix viennent des conduites d'eau, des tuyaux, du plafond, de la fenêtre. La tonalité en est reconnue, on reconnaît la voix du voisin, de la concierge, et le contenu est toujours presque toujours injurieux et/ou menaçant.
Parfois un dialogue hallucinatoire est institué, le malade répondant aux voix qu'il entend. Pour ne plus les entendre, il va mettre à fond sa télé, boucher tous les trous de l'appartement, se mettre du coton dans les oreilles, etc...
Hallucinations visuelles : le malade voit des choses qui n'existent pas. Hallucinations gustatives : les aliments ont un goût bizarre. Hallucinations tactiles : chaleur, brûlure, etc...

Hallucinations cénesthésiques (fourmillements, attouchements, ondes) sont aussi présentes. Les hallucinations olfactives sont plus rares et concernent principalement des odeurs de gaz, d'oeuf pourri, d'encens, de pétrole.
Dans toute psychose hallucinatoire chronique l'automatisme mental existe, entravant l'intimité idéo-affective. L'écho de la pensée qui apparaît doublée, puis le vol et devinement de la pensée qui se traduisent par "tout le monde sait ce que je pense", "plus rien n'est à moi". Plus rares sont l'écho de la lecture et de l'écriture.

Parfois aussi s'installe un syndrome d'influence, le délirant est soumis aux ordres des voix qu'il entend et qui lui imposent ses idées, ses choix et ses actes. S'ensuivent déménagements, fugues et plaintes à la police ainsi que construction d'appareils pour lutter contre les courants magnétiques ou les gaz toxiques, avec réactions agressives, menaces et voies de fait contre les prétendus responsables.
Petit à petit la psychose hallucinatoire chronique va se structurer autour des thèmes de persécution, de grandeur, de jalousie. L'élaboration délirante se fait à partir des données hallucinatoires.

La psychose hallucinatoire chronique fait partie des organisations délirantes chroniques.

 

Ven 16 oct 2009 1 commentaire
Didier d - le 17/10/2009 à 06h56