L'autre côté du miroir
Le père était tout-puissant. A la naissance d'un enfant, c'est lui qui rejette ou qui accepte. Il a droite de vie et de mort sur le nouveau-né. Ce petit être étendu aux pied de son géniteur attend. S'il le relève, il le reconnaît et il vivra. S'il le laisse à terre, il est déposé dans la rue où il mourra. S'il a de la chance, un passant ou un marchand d'esclaves le prendra et l'élèvera.
Pourquoi ce père condamne son enfant : il peut douter de sa paternité, il peut être pauvre. Si c'est une fille surtout. Il arrivait que dans ce cas le nourrisson soit tué plutôt que d’être déposé dans un carrefour. Parce que la fille est un surcroît de charges à cause de la dot. Recueillie par un marchand d'esclaves, ce serait la honte, alors il vaut mieux la mort. Un enfant difforme ou faible sera noyé ou étouffé : Rome a besoin de soldats et de cultivateurs robustes. Si le père est absent au moment de l’accouchement, on nourrit le bébé en attendant son retour. Quelquefois, le papa a donné son accord avant son départ, ouf!
Un foyer sans fils peut en adopter un. S'il a au moins 60 ans ou pouvoir prouver qu’il y a stérilité de par l'état de santé.
Source : la vie à Rome aux temps antiques, Paul Werner
- le 08/01/2006 à 19h45