En France on entend par schizophrénie un groupe de psychoses ayant un noyau sémiologique commun : la dissociation. Elle marque la dislocation de
la vie psychique dans les différents secteurs de l'intelligence, de la pensée, du langage, de l'affectivité, du dynamisme vital, de la vie relationnelle, de l'appréhension du réel. Autour de ce processus
de désagrégation s'ordonne un ensemble syndromique cliniquement identifiable malgré l'absence d'étiologie et de symptomatologie spécifiques.
Chez le schizophrène, la coupure est à l'intérieur de lui.
La shizophrènie est une trajectoire rétrograde complexe charriant avec elle des reliquats oedipiens et
pré-oedipiens, mis à découvert par le processus dissociatif.
Il n'existe pas de schizophrénie monomorphe. Il n'y a que des schizophrènes qui expriment leur souffrance psychologique intense avec différents symptômes. Ces symptômes peuvent aussi bien être
la dépersonnalisation, le délire, le repli autistique, les automatismes psychomoteurs, les accès dysthymiques, et
autres. C'est l'anéantissement des mécanismes de défense, le refoulement massif de la réalité, avec projection fantasmatique.
Cette affection débute la plupart du temps chez l'adolescent ou le jeune adulte, autant chez les hommes que chez les femmes. Le risque de schizophrénie augmente dès lors qu'il y a un parent
atteint.
Bien souvent les parents du schizophrène sont bien adaptés aux impératifs sociaux existants et ont des contacts extra-familiaux très réduits. Le rôle parental est fréquemment mal assumé : le
père absent ou démissionnaire et passif, ou au contraire avec une autorité très rigide; la mère hyperprotectrice anxieuse et dominatrice avec des attitudes paradoxales de rejet et
d'indifférence, d'autorité abusive. Le couple parental apparemment stable cache des relations affectives souvent ambiguës. Les parents de schizophrènes sont en général incapables d'une
modulation émotionnelle et affective satisfaisante. Ils ne maîtrisent pas leurs affects, passant de
l'indifférence à l'implication excessive.
Schizein : couper, déchirer
Phren : cerveau, pensée
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