Jeudi 9 février 2012
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Dès le plus jeune âge l'enfant manifeste son déplaisir mais pas encore sa colère. Un peu après vient la revendication plus
ou moins agressive à l'égard de l'entourage : il demande, exige. Il présente parfois des réactions de rage où l'on observe une violente agitation, des trépignements et des cris lorsqu'il
n'obtient pas ce qu'il veut. Les premières conduites directement agressives interviennent à la fin des 2 ans et au cours des 3 ans. Souvent l'enfant a un comportement colèreux, opposant. Il
attaque les enfants de son âge, griffe, mord, tire les cheveux. Il existe d'ailleurs des enfants mordeurs. Vers 4 ans cette attitude se calme. Son agressivité va être manifestée de façon
verbale. Ses jeux deviennent témoins de cette agressivité ainsi que ses rêves d'angoisse et d'agression. Les garçons ont des attitudes plus agressives que les filles.
La plupart du temps les conduites directement agressives disparaissent avec le temps. Mais il arrive que certains enfants
continuent à être violents allant jusqu'à casser des objets, frapper des adultes, voire leurs parents. Au sommet on trouve le bourreau familial, parfois très jeune, qui commande toute la
famille. Ces enfants sont impulsifs et entrent dans de violentes colères ou de rage dès qu'on les
contrarie un tant soit peu. Les autres, dont les parents, sont utilisés comme des instruments mis à sa disposition. Ils n'acceptent aucun retard dans la réponse à leur demande. Il se peut que
cette attitude ne se produise qu'en présence de certaines personnes seulement. Ici l'éducation joue un rôle prépondérant. L'adulte victime est en général faible et incapable de donner une
limite à l'enfant. Il peut même aller jusqu'à la complicité et se prendre plaisir à se laisser maltraiter. On notera plus souvent ce cas de figure lorsque l'enfant est en crêche ou chez une
nourrice, l'adulte, qui renonce à son rôle d'éducateur, soignant sa culpabilité en évitant toute frustration à son enfant.
L'attitude décrite plus haut est plus grave lorsque le comportement est non-sélectif, la réaction violente répondant à
toute frustration sans aucune tolérance. Si l'intolérance est banale et normale vers 2/3 ans, elle ne
l'est plus lorsqu'elle prend ensuite des proportions inquiétantes (bris de mobilier, menaces permanentes, violence, fugue). Ce comportement survient dans les familles où l'entente entre les
parents est médiocre, l'autorité parentale (surtout paternelle) est bafouée (surtout par la mère) et où bien souvent le chantage existe de façon précoce (si tu fais ci tu auras ça auquel
l'enfant répond "si j'ai ci je ferai ça"). Dans le futur ce comportement sera habituellement une organisation psychopatique, l'intolérance du strict familial va s'étendre aux relations socialisées du sujet.
La réaction d'intolérance à la frustration peut survenir pour des motifs très minimes comme la disparition d'un jouet ou un
changement de décor habituel, provoquant une désorganisation complète du comportement de l'enfant. Le moment colère-agitation-coup de pied-coup de poing-auto-agressivité démontre l'importance
de la pulsion agressive et la distinction médiocre entre le soi et le monde extérieur. Ces intolérances à la frustration sont graves et représentent un des principaux signes cliniques des
psychoses précoces.
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Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 1 février 2012
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L'utilisation du jeu chez l'enfant présente une grande importance pour l'évalutation psychodynamique. On peut s'inquièter d'un enfant
qui ne joue pas. Le nourrisson au visage figé, impassible, sérieux, peut être signe d'une possible pathologie maniaco-dépressive du très jeune enfant. Ce nourrisson là exprime souffrance et/ou inquiètude. Ca peut être une souffrance dépressive ou abandonnique, voire une hypervigilance anxieuse de l'enfant victime de sévices ou autres.
Lorsque l'enfant est plus grand l'absence de jeu doit attirer l'attention des parents, même si les enfants sages ne sont
bien entendu pas tous pathologiques.
L'enfant trop sage joue peu et lorsqu'il le fait il le fait avec sérieux et application. Bien souvent ils présentent une
organisation névrotique asymptomatique où domine un surmoi exigeant, sévère, et même tyrannique. On trouvera chez cet enfant un besoin fréquent de performance pouvant
aller jusqu'à l'épuisement.
L'enfant hypermature c'est l'adulte miniature qui souvent va prendre en charge son parent vulnérable. La plupart du temps
on le trouve chez l'enfant de couples séparés ou isolés, ou chez l'enfant de parent malade physique ou psychique. A la maison il ne joue pas : il assume, faisant parfois le repas, le ménage,
s'occupant des frères et soeurs, etc.... A l'extérieur ses jeux auront une connotation agressive et de domination pour se libérer de ce qu'ils subissent avec leurs proches. Ils l'imposent à
leurs camarades de jeux, mais pas de façon constante.
L'enfant déprimé a un air absent, il ne joue pas, ils ont le regard vide devant la télé et peuvent rester ainsi de longs
moments.
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Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 25 janvier 2012
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17:53
On ne peut parler de vol chez l'enfant que lorsqu'il a atteint l'âge auquel est acquise la notion de propriété. De façon naturelle
l'enfant passe par une période où tout est à lui, au moins potentiellement. Pendant ce stade il sait ce que veut dire "être privé de" ou "être volé". Par contre il n'a pas la notion de "prendre
à" ou "voler à". Ce n'est qu'à l'âge de la socialisation, soit vers 6/7 ans, que l'on peut parler de conduite de vol.
Les vols évoluent avec l'âge. Ca commence par des bonbons à la maison quand on est petit, de l'argent dans le porte-monnaie de maman,
allant jusqu'aux vols répétés d'adolescent en bande ou pas, l'enchaînement n'étant pas inévitable. Un enfant peut voler de façon exceptionnelle. Les premiers volés sont les parents et les
frères et soeurs. Ensuite ce sont les camarades d'école, etc.... Puis ce sont ensuite les magasins. Il arrive que l'objet volé n'ait aucune importance pour le sujet, qu'il n'en éprouve aucun
besoin. Dans ce cas c'est l'acte lui-même (le vol) qui est investi. L'objet du vol peut être caché,
utilisé, détruit, offert, etc........ Parfois même mis en vue.
Au départ il existe rarement un sentiment de culpabilité. Par la suite il peut apparaître ou pas. Dans ce dernier cas le vol est perçu
comme la réparation d'un manque. Il est aussi possible que l'idée du vol soit refoulée, l'enfant ou
l'adolescent parlera d'emprunt. Il peut aussi s'agir parfois d'une provocation ou d'une compétition entre adolescents. Plus le vol va s'inscrire dans un comportement de bande et plus sa
signification antisociale risque de grandir.
Dans ces conduites de vol d'enfant on trouve toujours des notions de carence affective, d'abandon intrafamial ou réel, de séparation
parentale, de rigueur extrême ou de démission éducative totale. La mère est en général la première personne volée. Winnicott dit que l'enfant qui vole un objet ne cherche pas l'objet volé, mais
cherche la mère sur laquelle il a des droits. Il ajoute que la signification du vol n'est pas toujours négative, l'important étant de ne pas décevoir cette attente. Dans cette signification il
existe une revendication, un espoir envers l'objet.
Le vol s'observe souvent dans le cadre d'une organisation névrotique. La revendication d'une affection ou d'une autorité est bien souvent accompagnée d'un sentiment de culpabilité comme chez les enfants de couples séparés. Le vol
satisfait ici le manque et le besoin de punition.
En intermédiaire on trouvera le vol de l'objet-fétiche ou l'investissement pervers de la conduite de vol : la jouissance qui ne peut être obtenue que par certains objets ou lors d'un passage à l'acte. La culpabilité et
la honte n'accompagneront pas forcément le passage à l'acte, mais par contre ces sentiments lui succèderont dans la plupart des cas.
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Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 18 janvier 2012
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Le mensonge compensatoire ne se fait pas dans le but d'un bénéfice concret comm dans le mensonge utilitaire. Il traduit la recherche
d'une image que le sujet pense inaccessible ou perdue.
L'enfant va s'inventer une famille qui sera plus riche, plus noble, plus savante, etc.... Il s'invente des exploits tant sportifs que
scolaires, mais aussi des exploits amoureux, voire des bagarres d'où il est sorti vainqueur.
Il y a des enfants qui développent une rêverie imaginaire prenant une place prédominante ou devenant très élaborée. Concernant le
roman familial, l'enfant se construira une famille entière et dialoguera avec ses membres imaginaires. Il s'invent aussi parfois un double, un frère, une soeur, un ami à qui il raconte sa vie
et avec qui il joue.
Jusqu'à 6 ans tout cela reste banal, cette conduite s'inscrit dans l'espace de rêverie transitionnel qui permet à l'enfant d'élaborer
son identité narcissique. Après cet âge sa persistance est souvent signe de troubles
psychopathologiques autres comme une personnalité de type hystérique, une immaturité qui
traduit l'incertitude identificatoire ou un trouble plus profond de la conscience de soi.
La fabulation constitue une
des conduites caractéristiques des enfants prépsychotiques.
Avila, Espagne
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Publié dans : Psychiatrie
Mardi 10 janvier 2012
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Dans la déficience mentale profonde le niveau mental ne dépasse pas 2 à 3 ans. Dans la petite enfance on notera un retard
massif de toutes les acquisitions. Souvent elles resteront incomplètes. Dans la conduite de vie quotidienne l'autonomie est partielle mais peut être améliorée avec une bonne relation. Le
langage est presque inexistant, se limitant à quelques mots. Il est fréquent que ces sujets présentent des troubles neurologiques, des crises d'épilepsie, des anomalies morphologiques.
Dans la déficience mentale sévère et modérée le niveau mental ne dépasse pas 6 à 7 ans. Le retard de développement
psychomoteur est fréquent mais on peut obtenir une certaine autonomie dans les conduites sociales si l'enfant évolue dans un cadre stimulant et chaleureux. L'encadrement protecteur restera
quand même toujours nécessaire. Le langage est asyntaxique mais son niveau dépend du degré de stimulation de l'entourage. La lecture est impossible ou s'arrête à quelques rudiments et la pensée
reste au stade préopératoire.
Lorsque la déficience mentale est profonde et sévère on observe souvent l'isolement, le retrait affectif, balancement,
automutilation, décharges agressives, grande impulsivité, surtout en cas de malaise ou de
frustration.
Dans tous les cas on observe souvent des troubles du schéma corporel et des dyspraxies.
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Publié dans : Psychiatrie
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