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Psychiatrie

Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /2010 22:44

La fabulation est considérée come génératrice des délires d'imagination. C'est un délire comme un récit inventé. C'est un délire de mémoire à ne pas confondre avec la mythomanie.

Là encore il y a une idée centrale autour de laquelle le sujet construit son récit. Le malade croit raconter ses souvenirs alors que la réalité est réinventée. Chacun des épisodes appartient à l'ordre du possible mais accumulés, tout devient invraisemblable.

Le malade peut vous raconter que ses parents ne sont pas ses vrais parents, qu'il a été enlevé par des bohémiens, qu'il y a eu substitution d'enfants, qu'il est de filiation princière, etc......... Et bien entendu il croit ce qu'il dit. C'est pourquoi c'est pathologique. Ne pas confondre avec celui qui fabule volontairement.

Le sujet peut parfois être amené à fabriquer des preuves mais elles ne tiennent pas debout et il ne s'en rendra pas compte. Un malade écrivait des lettres en recommandé AR au Président de la République et gardait les timbres postes reçus signés comme preuve que son père était le Président mais qu'il ne pouvait pas communiquer avec lui de façon normale pour des raisons d'état, parce qu'il était son fils naturel.

La fabulation n'existe jamais à l'état pur. Il y a toujours une expérience fondatrice de type hallucinatoire survenue à un moment donné. Ou l'entrée dans le délire a été marquée par une sorte de révélation.

Peut-être qu'au moment de la phase fondatrice de ce genre de délire, s'il n'y avait pas eu ce recours à un mécanisme de fabulation, on aurait eu affaire, par exemple, à une dissociation. La fabulation peut être un moyen de socialisation, de régularisation de délire. Délire qui sans cela aurait pu avoir une autre évolution.

 

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Voir les 4 commentaires - Communauté : "Psychologie interdite" - Publié dans : Psychiatrie
Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /2010 18:32

Je reprends un peu d'étymologie médicale pour vous rappeler que le suffixe "ose" signifie "état de".

Il s'agit, dans le cas d'hallucinose, d'hallucinations extérieures, entendues dans les oreilles, mais n'ayant aucun sens pour le sujet. Dans un premier temps, ça l'amuse ou ça lui fait peur, il trouve cela bizarre. L'extériorité manque d'aspects idéiques et affectifs.

L'exemple de Clairembault :

Un monsieur dans la rue entend une voix qui lui dit "c'est Victor Hugo qui a construit la Tour Eiffel". Cela lui paraît tout à fait absurde et prend cela, pendant longtemps, pour une farce de gosse. Puis petit à petit il se pose des questions et cherche une intention.

Maintenant on parle d'hallucinose pour désigner une hallucination qui est reconnue comme telle par le sujet.

A partir de cet automatisme le délire se développe. Ce délire c'est essayer de rendre compte de tout cela, de rationaliser. Chez le malade apparaît alors différents syndromes d'obsession ou d'influence. Il y a des sujets qui vont débuter leur psychose ainsi, mais qui pendant longtemps, voire toute leur vie, restent à ce stade sans qu'il n'y ait jamais de construction délirante. Parce que pour Clairembault il faut un caractère particulier, une prédeisposition caractérielle, qui rende inquiet, méfiant et anxieux, pour qu'il y ait un délire. Autrement les malades restent au petit automatisme et à des phénomènes uniquement au niveau de la pensée.

Pour Clairembault le délire n'est pas uniquement une simple réaction d'un sujet à ses troubles. Une bonne part de la systématisation du délire est spontanée et s'organise dans l'inconscient. Sachant que pour lui, inconscient désigne l'extériorité radicale par rapport à la conscience de processus associatifs déclenchés et entretenus par une irritation organique. A l'origine de ces psychoses il y a un processus organique, une irritation de cellules qui se mettent à fonctionner de façon automatique et petit à petit, à l'intérieur du cerveau du malade, s'organise une autre personnalité. Clairembault nous parle de processus serpigineux, c'est-à-dire qui se propage en de multiples filaments comme une serpillère usagée.

Hans Zatzka

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Voir les 2 commentaires - Communauté : "Psychologie interdite" - Publié dans : Psychiatrie
Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /2010 13:57

On les appelle aussi pseudo-hallucinations. Les hallucinations psychiques sont des phénomènes n'ayant aucun caractère sensoriel. Ce sont des voix perçues directement dans leur tête et non par les oreilles. Le sujet parle de voix intime, de voix intérieure ou de pensées qui leur semblent étrangères à eux, comme une pensée hallucinatoire. Ce peut être des choses formulées avec des mots ou des pensées qui ne se formulent pas.

Les hallucinations psychiques les plus fréquentes sont d'ordre verbale mais elles peuvent aussi être visuelles. Dans ce cas le malade perçoit des images intérieures, comme des souvenirs qui ne lui appartiennent pas, des images étrangères à sa pensée.

On ajoute à ces hallucinations psychiques certains phénomènes voisins regroupés autour de la notion d'écho de la pensée. Il s'agit de l'impression que peuvent avoir ces malades que leur pensée est répétée. Leur pensée se produit et un écho de celle-ci se révèle, mais avec l'impression que ça ne leur appartient pas. Cet écho peut être différé, simultané ou anticipé. Ce phénomène d'écho peut exister dans la lecture ou l'écriture. Lors de la lecture une voix répète ce qu'on lit.

Il existe aussi les commentaires des actes : le malade dit qu'il y a des voix qui lui disent ce qu'il fait. Par exemple "il se lève, il s'habille", au fur et à mesure des actes. Ce peut être une simple énonciation mais aussi un vrai commentaire à base de propos tout à fait ordinaires. Nous ne sommes plus dans l'hallucination verbale injurieuse ou autre. Le commentaire reste dans la banalité quotidienne.

On inclut aussi dans les hallucinations psychiques le vol ou le devinement de la pensée. Il peut s'agir de la pensée du sujet mais aussi de la pensée d'autrui. Certains malades ont l'impression qu'on devine leur pensée, se plaignent qu'on leur vole leurs pensées. Parfois le malade se sent transparent, perméable aux pensées d'autrui. Il en parle comme quelque chose de pénible. Il se sent envahi, assailli, paralysé par des pensées multiples venant d'autres personnes et l'empêchant de penser à lui.

Il y a aussi les impressions de pensée imposée, sou forme d'ordres ou de contre-ordres.

Lynn Lupetti

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Voir les 3 commentaires - Communauté : "Psychologie interdite" - Publié dans : Psychiatrie
Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /2010 21:10

Le fait d'avoir ce caractère n'implique pas qu'on aura des idées délirantes mais par contre on trouve toujours ce caractère dans les délires d'interprétation et passionnels. Il est alors préexistant bien avant l'apparition du délire.

Le caractère paranoïaque est fondé sur 4 caractères : l'orgueil, la méfiance, la fausseté du jugement et l'inadaptation sociale.

L'orgueil est une surestimation de soi qui apparaît chez les gens profondément égocentriques, implacables, méprisants, qui n'ont jamais tort et qui s'obstinent à faire valoir leur point de vue de façon exigeante et tenace. La méfiance et la susceptibilité parce que tout prend chez ces sujets une signification personnelle et intentionnelle. Tout ce qui leur arrive de mauvais est forcément dû à la malveillance. Il y a toujours la crainte des autres, une rancoeur à leur égard et un sentiment d'être incompris. Agressivité et intolérance se retrouvent toujours chez le caractère paranoïaque.

La fausseté du jugement, l'absence d'auto-critique, c'est la pensée qui fonctionne sur un mode rigide et systématisé avec intolérance, autoritarisme et besoin d'imposer ses opinions. Ces personnes sont ombrageux, agressifs, jaloux, etc... Ce qui leur vaut une difficulté d'insertion sociale. On évite le caractère paranoïaque et il se trouve mis à l'écart.

Luisa Gelts

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Voir les 2 commentaires - Communauté : Médecine - Publié dans : Psychiatrie
Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /2010 23:13

L'interprétation est un jugement inexact porté à partir d'une perception réelle. Ne pas confondre avec l'illusion que l'on rencontre en neurologie est qui est la perception déformée d'un objet existant.

L'interprétation peut porter sur le monde extérieur ou intérieur. Elle peut porter sur une sensation éprouvée concernant son propre corps. Sensation réelle à laquelle le patient donne une signification fausse. Par exemple s'il a des nausées il est persuadé qu'on l'a empoisonné et qu'il y a un complot contre lui.

 

L'interprétation exogène est bien plus importante. Ces malades ont une très grande imagination qui donne un sens à totu ce qui les entoure. Tout est interprété et a une signification qui se rapporte à lui-même. La rencontre d'un homme en imperméable va signifier que c'est un policier en civil, un homme qui met la main devant sa bouche va vouloir dire "tais-toi", etc... Mais c'est surtout au niveau du langage qu'il y a des significations. Ca concerne les paroles entendues, les choses vues et entendues à la télévision, ce qui est écrit dans les journaux, etc... L'interprétation va très loin. Par exemple un malade avait remarqué dans une lettre 2 lignes superposées parce que dans celle du dessus il y avait "tu" et dans celle du dessous "toi". A la verticale on lisait "tu toi". Pour ce malade c'était "tue toi", l'invitant à se suicider.

 

Il s'agit ici de délire extrêmement systématisé et cohérent, qui s'ordonne avec ordre et clarté. Presque logique. Autrefois on l'appelait "folie raisonnante". C'est un délire progressivement extensif. Souvent le malade commence par se poser des questions au sujet de choses qui lui semblent étranges, des petits faits qui ne lui paraissent pas clairs. Au fil des jours, il va y avoir de plus en plus de petites choses bizarres. Le malade se met à chercher pour expliquer ces petits faits. Ca peut aller jusqu'à une théorie cosmopolite construite pour expliquer le monde entier.

La construction délirante s'organise autour d'une idée directrice. Ce délire entraîne une conviction entière et massive ainsi que des réactions en général importantes.

Dans le délire d'interprétation il n'y a ni affaiblissement intellectuel, ni désorganisation de la personnalité.

Il peut arriver que les interprétations deviennent de plus en plus absurdes ou très stéréotypées.

 

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